Samedi 5 mai 2012 6 05 /05 /Mai /2012 10:08

 

 

J’avais  trouvé  assez fort  que Ouest-France  rende compte du rassemblement du 1° Mai  de Force Ouvrière à la stèle de Ludovic Ménard à Trélazé, sous une photo de...  Marc Goua, député-maire. J’apprends par l’édition d’hier  qu’au même moment et dans le même journal, Lutte Ouvrière (groupe politique  qui a réuni 0,56 % aux élections politiques) et la CGT-Force Ouvrière (1° syndicat de la Fonction Publique et deuxième syndicat ouvrier français)  étaient confondus dans la manifestation politico-syndicale qui se déroulait à Angers. Mieux : le rectificatif paru  hier semblait surtout s’excuser auprès de... Lutte Ouvrière.

 

Le 2 mai 1944, au lendemain de la Fête du Travail, Ouest Eclair, ancêtre de Ouest France,  rapportait  les propos de Marcel Déat, Ministre du Travail de Pétain, ancien ministre du Front Populaire  qui regrettait  que du fait des menées anglo-bolchéviques un grand défilé des corporations n’ait pas été possible, mais il notait du moins : « Le grand fait qui commande tout le reste, c’est que nous  sommes sortis du libéralisme économique, c’est que, bon gré, mal gré, la France inaugure à son tour le régime de l’économie dirigée. »

 

Vous avez dit Troïka ? 

Par Michel GODICHEAU
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Lundi 30 avril 2012 1 30 /04 /Avr /2012 15:55

Par nos luttes nous honorons le Premier Mai  des travailleurs ! (communiqué du GENOP-DEH, syndicat de l'électricité en Grèce, le 30 avril 2012). Je serai, pour ma part, contre la troïka, contre l'austérité de droite ou de gauche, au rassemblement  à la stèle de Ludovic Ménard, face à l'ancienne poste de Trélazé.

Par Michel GODICHEAU
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Dimanche 29 avril 2012 7 29 /04 /Avr /2012 12:57

 

Les  pages des livres bouclaient en cette première édition du festival  Cita’Livres au  Château d’Oléron, au fond d’un bastion, près de la porte où la pluie continue ne cessait de mêler l’air marin, les haleines et les métaux lourds des nuages ; je rêvais aux modulations des baleines entendues le matin même sur France Musique et à l’étonnement des cardinaux-perroquets lorsque les derniers cétacés devenus cyborgs par nécessité raconteront comment ils ont perdu la foi. Jean-Marc bougonnait dans son manteau d’hiver, on  ne vendait guère de livres et il n’y avait pas de hotspot, mais j’aurai appris des choses : que l’île comportait luxueusement deux cantons, que je saurais faire un discours du maire, que les évêques aiment à déjeuner à la table des élus de toutes tendances... J’ai aussi entendu que les gens s'en foutent : c’est vrai, mais moi aussi ! D’ailleurs je n’aime guère les gens et  quand j’écris ici je ne m’adresse qu’aux citoyens, aux prolétaires et à ceux qui pourraient conjuguer leurs forces, même si ça doit passer par quelques engueulades sur le statut des baleines ou l’importance du vote. En tout cas la signature de la pétition pour l’abrogation de la Loi Debré me paraît aujourd’hui plus importante. Et quant à l'évêque, les citoyens ne s'en foutent pas. 

Par Michel GODICHEAU
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Lundi 23 avril 2012 1 23 /04 /Avr /2012 12:46

Les élections législatives grecques ont lieu le 6 mai : rappelons que  l'actuel gouvernement, sans aucune légitimité populaire a été  formé par une coalition  qui comporte l'équivalent de l'UMP (ND), l'équivalent du PS (PASOK) et l'équivalent du FN (LAOS), sous la pression de la BCE, de l'UE et du FMI (la Troïka). Le PIB  2012  est attendu à -5% , le taux de chômage est à 21,6% et de nombreux écoliers  sont trop sous-alimentés  pour participer aux cours d'éducation physique. Tout parti qui  acceptera en France la ratification du traité européen  TSCG  (Super-Maastricht) sera amené après-demain à gouverner dans des conditions comparables+

 

Savvas Metoikidis, enseignant , 44 ans, ne montrait aucun signe d’un «comportement étrange»,  a déclaré un témoin oculaire aux médias locaux. Samedi matin, il a visité le café du village et a joué au backgammon. Plus tard, il a déjeuné avec son père, sa mère et un de ses frères. À 6h de l’après-midi, il commençait son voyage retour à Athènes. S. Metoikidis était allé rendre visite à sa ville natale Stavroupolis dans la région de Xanthi, au cours des vacances de Pâques. Il n’est jamais rentré de ce voyage. Il s’est pendu dans dans la maison familiale, après le déjeuner.

 

Xanthispress.gr a signalé qu’il a laissé deux lettres :  une pour sa famille et une avec un contenu politique clair où il explique les raisons de son suicide comme « Un acte de protestation de l’impact de la crise sur la société grecque »

 

Le suicide de l’enseignant et syndicaliste choque la communauté locale, ses collègues et les membres du parti de gauche ANTARSYA où il était membre.

 

Savvas Metoikidis était actif dans de nombreuses grèves et manifestations. Ses amis le décrivent comme un «combattant infatigable» et ont mis en ligne une vidéo sur YouTube le montrant brandissant des banderoles du syndicat des enseignants d’Athènes. Son surnom était  » capitaine Nestos » (Source :Keep Talking Greece, via Okea News le 22 avril 2012)

Par Michel GODICHEAU
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Vendredi 20 avril 2012 5 20 /04 /Avr /2012 16:54

Conférences à Auch, Brive (Michel Eliard) Dijon, Chambéry (Pierre Roy) ; conférences à venir à Villefranche-de-Lauragais (M.E.), Clermont-Ferrand (P.R.)... Je serai pour ma part à Oléron  le 28 avril (Salon Cita’ Livres – Stand des Editions Abeille et Castor), le 30 mai  près de Lausanne (mais dans le Valais, refuge spirituel  de Marcel Lefebvre, que Joseph Ratzinger vient de sortir du purgatoire, nous en reparlerons), le 6 juin  en Belgique (lieu à préciser), le 8 juin à Roubaix (avec la FAL). Evidemment, nous intégrons désormais totalement  la campagne initiée par la  Fédération Nationale de la Libre Pensée pour l’abrogation de la loi Debré : reposer ce problème aujourd’hui  correspond à la nécessité  de préserver l’instruction publique , n’en déplaise à un contradicteur qui  considère  que là où nous mettons « Eglise », il faut dire « Capital »  pour désigner le responsable. Or, que disons-nous ? Que Capital et  Eglises  collaborent aujourd’hui étroitement dans leur intérêt réciproque. Observons le gouvernement Monti  en Italie, c’est une bonne dose de Goldman Sachs  dans beaucoup  de  Vatican : la proportion  peut varier, la confession peut varier, mais les ingrédients restent les mêmes. L’Ecole est un lieu privilégié de cette collaboration : au Royaume Uni, par exemple, 1/3 des écoles d’Etat  sont désormais des « faith schools », c’est-à-dire que depuis 1990, et parce que les écoles d’Etat étaient elles-mêmes liées à l’Eglise anglicane, un élève sur trois est aujourd’hui  sous-traité aux prêtres, aux imams et aux rabbins : c’est l’application à l’Ecole du partenariat public-privé (PPP), selon les modalités du New Public Management cher à Tony Blair et à Cameron. La loi Debré sera dès le mois de  juin le relais de nouvelles tentatives de ce type en France  et la Belgique est menacée du même processus dans des conditions comparables à celles du Royaume Uni. Mais de cela aussi nous reparlerons, car c’est un des combats  qui devront être menés à l’échelle internationale.

Par Michel GODICHEAU
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Mercredi 18 avril 2012 3 18 /04 /Avr /2012 11:06

Les  Cahiers du Mouvement Ouvrier  sont une revue trimestrielle de qualité qui  poursuit depuis treize ans un travail d’historiens militants et rigoureux. Les CMO publient dans leur N° 53 (1° trimestre 2012) http://www.trotsky.com.fr  , un article de Franck La Brasca sur la Libye de 1911 qui met en évidence l’inculture nécessaire  que transmettent les organes d’informations chargés de la propagande de guerre.


Au nom du concept de « nation prolétaire », l’expédition italienne  dans le vilayet de Tripolitaine et le mutassariflik de Cyrénaïque  a abouti d’une part à  jeter les bases sur lesquelles s’édifiera  plus tard le fascisme italien et à une colonisation avalisée par  ce que l’on n’appelait pas encore la « communauté internationale ».

 

Le libre penseur y lira sans trop de surprises que l’affaire avait été préparée dès 1881 par le Banco di Roma, établissement étroitement lié au Vatican, mais aussi exaltée  par  Filippo Tommaso Marinetti et le courant futuriste qui considéraient la guerre comme « seule hygiène du monde ». L’aventure sera provisoirement conclue  lors du traité de Lausanne de 1912 par la reconnaissance de la souveraineté italienne sur la Tripolitaine et la Cyrénaïque qui prenaient désormais le nom antique de Libye (empire romain mythifié oblige), ainsi que les iles du Dodécanèse et Rhodes, « que l’Italie s’engageait à restituer à la Grèce (ce qu’elle ne fit évidemment pas jusqu’à la fin du fascisme) ».

Par Michel GODICHEAU
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Samedi 14 avril 2012 6 14 /04 /Avr /2012 11:15

Les débuts de la nouvelle présidence de l’Université d’Angers sont assez mouvementés, entre  suppression de postes, fasciathérapie, tantrisme, déménagement manqué, constat d’huissier et « engagement dans la cité et dans le monde » (une musique que je reconnais entre toutes !). Tout cela est vraiment très angevin et il est vrai que ni Mgr Freppel , ni Mgr Chappoulie  ne sont plus là  pour y mettre bon ordre : pas besoin de Miviludes de leur temps : il suffisait de lire le bulletin diocésain. Quoi qu’il en soit, derrière il y a toujours la LRU ! Le site « Sauvons l’Université »  note  d’ailleurs avec pertinence que le climat bolognais ressemble fort au climat romain et permet d’ériger en modèles ces « universités catholiques » où les droits de scolarité se chiffrent en milliers d’euros  et où l’aumônerie est  comprise dans le service rendu. Nos présidents de gauche  n’ont ni à Angers, ni à Lille attendu longtemps pour signer avec la  catho des accords, qui pourraient, à terme, faire confier aux calotins la formation des enseignants... du public comme du privé (du grand service unifié, quoi- en tout cas l’enseignement catholique y prépare ses structures). Dans ce paysage, que deux universités toulousaines rejoignent Anne Fraïsse  dans son combat contre la  LRU  ne relève pas du miracle, mais de la persistance de la pensée de Condorcet chez ceux qui défendent aujourd’hui l’instruction  et l’universalisme. Le bien nommé site Atlantico peut bien écrire, sous la signature de Roger Célestin : « Je rêve d’une conversion miraculeuse qui pourrait toucher Anne Fraïsse, spécialiste de la Bible, des débats théologiques sur la nature du Christ et des hérésies, qui la transformerait en présidente d’une université résolument en partenariat avec les entreprises », le fait est que la résistance se renforce et que le parti noir n’a pas gagné.

Par Michel GODICHEAU
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Lundi 9 avril 2012 1 09 /04 /Avr /2012 10:40

Les media  français  ont partiellement rendu compte  du suicide de ce retraité grec  devant le Parlement. La palme du cynisme dans les réactions revient pourtant au FMI qui s’est dit « profondément attristé » ... et réfléchit à une possible annulation des élections  pour le cas où elles amèneraient une chambre ingouvernable, donc incapable d’imposer la poursuite  des  plans de  la troïka.  Voici le texte de la lettre qu’il a laissée aux passants témoins de son acte :

 

 

«Le gouvernement d’occupation de Tsolakoglou (*) a littéralement anéanti tous mes moyens de subsistance, qui consistaient en une retraite digne, pour laquelle j’ai cotisé pendant 35 ans, (sans aucune contribution de l'État). Mon âge, ne me permet plus d’entreprendre une action individuelle plus radicale (même si je n’exclus pas que si un grec prenait une kalachnikov je n’aurais pas été le deuxième à suivre), je ne trouve plus d’autre solution qu’une mort digne, ou sinon, faire les poubelles pour me nourrir. Je crois qu’un jour les jeunes sans avenir, prendront les armes et iront pendre les traîtres du peuple, sur la place Syntagma, comme l’ont fait en 1945 les Italiens pour Mussolini, sur la Piazzale Loreto, à Milan ».

 

 

Tsolakoglou  était le général nommé  à Athènes comme chef de gouvernement par le Troisième Reich  le 30 avril 1941. En Espagne, le gouvernement Rajoy digne successeur du franquisme, refuse que son pays soit assimilé à la Grèce : il est vrai que son pays n’a pas été occupé depuis l’expédition sanguinaire de Napoléon et qu’il redoute d’être pris pour le prince Murat ; et en France, pour quelques semaines encore, les candidats se proclament partenaires de la Troïka.

 

 

Un aspect de ce courrier  a  été peu souligné : le hold up sur les cotisations sociales des salariés (ou des indépendants !) était une  nouveauté en Grèce ; en France, il a commencé avec le plan Juppé-Notat  sur la Sécu  et s’est poursuivi avec le plan Fillon-Chérèque sur les retraites, mais la résistance a imposé des limites auxquelles il est prévu qu’il soit mis fin dans les cent premiers jours de la nouvelle présidence.

 

 

Un dernier mot : Dimitris Christoulas a exigé  des obsèques civiles  et sa dépouille a été incinérée en Bulgarie parce que l’Eglise orthodoxe, carpette de la Troïka, interdit la crémation en Grèce. Pour toutes ces raisons, je pense qu’il y aura un jour en Grèce un groupe de libres penseurs « Dimitris Christoulas ».

Par Michel GODICHEAU
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Samedi 7 avril 2012 6 07 /04 /Avr /2012 19:08





Communiqué des Organisations Syndicales Force Ouvrière, FSU et UNSA de l'université d'Angers (6 avril 2012) :
 


Lors d'une réunion liée au Comité Technique, le président de l'université, M. Saint André, et le vice président au C.A,. M. Robledo, ont annoncé aux organisations syndicales présentes la répartition des économies qu'ils envisageaient de mettre en place pour le budget 2012 afin de faire face à l'augmentation des dépenses de personnels et des charges immobilières non prises en compte par notre tutelle ministérielle.

Parmi ces mesures, la réduction de la masse salariale de 300.000€ votée lors d'un Conseil d'Administration précédent sous la présidence de M. Martina a été maintenu.
 
En conséquence, pour 
M. le Président, cela doit se traduire par une suppression de 45 emplois de contractuels à la fin aout.
Ces postes sont d'ores et déjà identifiés, mais la liste pourrait être modifiée en fonction des retours des composantes.

Nous ne pouvons accepter que les salariés quels qu'ils soient fassent les frais de la loi LRU et de la politique d'austérité mise en place par l’État.
 

Le président lorsqu'il était candidat 
évoquait déjà une suppression de 10 à 15 postes sur des appels à projet. Il  justifie maintenant le triplement de ce chiffre par le fait que cela n'était valable que sur une année pleine et non sur la période de septembre à décembre 2012Pourtant, cela était déjà prévisible à l'époque.
Aujourd'hui, même des postes dit "pérennes" seraient touchés et dans certains cas avec des personnels entrant en procédure concertée en 2012 (plus de 3 ans d'ancienneté).

Ce tour de passe-passe 
conduirait en fait à une économie sur le dos des salariés de 900.000€ en année pleine pour 2013 et les années suivantes.

Nous refusons cette logique purement comptable qui réduit les personnels à des variables d'ajustement. Des êtres humains et des familles seraient touchés si ce plan de suppression d'emploi était confirmé.
 

Il faut rappeler que selon les chiffres fournis par le ministère, il manque 300 emplois de titulaires à l'université d'Angers pour être dans la moyenne nationale. L'embauche des CDD ces dernières années correspond
 ait à de véritables besoins. 

Ce qui est annoncé aujourd'hui est la conséquence directe de la loi LRU (dite d'autonomie des universités) qui a obligé les universités à créer des emplois précaires en décentralisant des taches administratives sans fournir les moyens en contrepartie. 


Nous ne sommes pas en sureffectif !


Aussi les Organisations Syndicales refusent ce plan de suppression
s d'emploi et ont demandé une entrevue à la présidence pour exiger la recherche d'autres solutions.

Nous vous tiendrons informé de la réponse.
 


FSU, UNSA, Snpress-FO.
 


P.S.
 
Les autres mesures 
envisagées par la présidence concernant l'emploi:
- des mutualisations,
- le non recrutement sur des emplois libérés par des concours en 2012,
- le non recrutement sur des emplois titulaires vacants en 2012.
Par Michel GODICHEAU
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Samedi 7 avril 2012 6 07 /04 /Avr /2012 00:22

 

Voici l'éditorial que j'ai préparé pour le prochain numéro de "Ce Qu'il Faut Savoir". Paraîtra t-il avant les élections ? Peu importe, après tout.

 

La dernière fois où j’ai soutenu des propositions de modification  de la Constitution  du 4 octobre 1958  (née d’un coup d’Etat réussi par un général en retraite), c’était  en 1965 (!). J’étais alors  le représentant de François Mitterrand  dans un débat constitutionnel organisé dans ma faculté de droit. Arrivé au pouvoir seize ans plus tard, François Mitterrand n’a donné suite à aucune de ces propositions ( suppression de l’article 16, en particulier), mais en a initié d’autres, beaucoup plus contestables.  J’ai vu depuis  que la Libre Pensée, que j’ai rejointe  en 1982, avait adopté  en 1958 et 1965  des positions de principe remarquables.

 

Nous sommes donc en période pré-électorale, les candidats développent leurs programmes, ces programmes ont d’abord pour but  de convaincre les électeurs de voter pour eux : c’est dans ce cadre  que MM. François Hollande  et Jean-Luc Mélenchon  ont défini une position sur ce qu’ils disent vouloir faire au sujet de la loi de 1905 de séparation des Eglises et de l’Etat. Sont-ils plus crédibles que François Mitterrand en 1965 ?  En tout cas ni l’un ni l’autre ne parlent de l’article 16, mais ils parlent de constitutionnaliser la loi de 1905 ! Il nous faut donc bien délimiter le débat : il ne s’agit pas ici  de savoir ce qu’il faut faire concrètement, il s’agit de savoir pour qui on va voter. Chacun sait, en effet, que les conditions concrètes  d’application des programmes  des uns et des autres ne seront définies que beaucoup plus tard... s’ils sont élus.  La Libre Pensée ne donne aucune consigne de vote, même indirectement, et  ne divisera pas entre ceux qui choisiront tel ou tel... et ceux qui  refuseront de choisir.

 

Dans ces conditions, plutôt que supputer  ce qu’ils feront, ou de sonder les reins et les coeurs, il me paraît plus efficace d’observer ce qu’ils font  ou déclarent hic et nunc. Ainsi  M. Glavany , un des plus illustres signataires  de l’appel « Laïcité sans exception » , qui critique la position de la Libre Pensée, déclare dans le même temps : si les principes de 1905 sont garantis dans la Constitution « la révision ne nous pose plus aucun problème et on peut discuter tranquillement du statut des associations cultuelles, de leur patrimoine, de leurs réserves financières, de ces sujets qui préoccupent un certain nombre de religions ».


http://www.la-croix.com/Religion/Urbi-Orbi/France/Jean-Glavany-regrette-que-Francois-Hollande-ne-remette-pas-en-cause-le-Concordat-_NP_-2012-04-04-784966

 


Ce qui  est cohérent avec ses positions antérieures  dans le même journal http://jean.glavany.free.fr/IMG/pdf/La_Croix.pdf 

  et avec le guide  dont il a coordonné larédaction.

 


Ma position personnelle est celle-ci :  depuis  le rapport Machelon (2006) qui concrétisait clairement la menace, un rapport de forces est  en train de se nouer  autour de la Séparation ; du point de vue de la Libre Pensée  l’enjeu en est clair : c’est  Europe vaticane (et pilarisme) ou Séparation.  Ce rapport de forces ayant fait échouer la  tentative  de vider de son contenu la loi du 9 décembre 1905, ses adversaires essaient la voie jurisprudentielle (arrêts du Conseil d’Etat du 19 juillet 2011)  ... ou  envisagent la voie de la révision constitutionnelle. Même si cela peut paraître totalement paradoxal, M. Glavany ne dit rien d’autre. Mais n’y avait-il pas des entourloupes du même type au moment du projet Savary  de grand service unifié en 1982-1983 ? Pour  conclure sur une question qui fait le pont  entre la laïcité de l’Etat et la laïcité de l’Ecole :  la loi Debré du 31 décembre 1959  est la première loi, depuis 1905,  qui ait permis le  retour d’un financement des congrégations religieuses à travers le financement de l’enseignement catholique. Or qui peut le plus peut le moins : la Libre Pensée vient , après la commémoration du Serment de Vincennes, de relancer une grande campagne  pour l’abrogation de la loi Debré. On y va ?

Par Michel GODICHEAU
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