Mercredi 21 décembre 2011
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14:17
L’actualité de ce matin m’apprend que la SNCF va verser à l’Etat un
dividende record. Les 150 euros que je vous réclamais dans mon courrier du 28 octobre, cité en référence et qui est resté sans réponse, y sont sans
doute inclus, comme une infime gouttelette que vous avez su capter dans le brouillard de déperdition radiative dont la tendance récurrente à
s’échapper des rails accapare l’attention des logisticiens de votre « partenaire » RFF. Bravo !
Il est même possible que les suggestions sous-jacentes à mon susdit courrier alimentent le notionnel d’un process « lean six sigma » (je sais l’intérêt qu’y porte M.Pepy) à découvrir !
N’empêche : je crois avoir trouvé le moyen de récupérer, au moins au plan de la satisfaction personnelle, les 150 euros qui m’apparaissaient un
compromis acceptable entre le minable bon de transport (que je ne sollicite plus guère : un bon de transport de 13 euros à échanger au guichet nécessiterait pour moi environ 1h30 d’efforts
et 14km de transports , soit au tarif du SMIC et au tarif fiscal du km représenterait pour moi une perte de 13,00 – [(14*0,396) + (1,5*9,19)] =
6,32€) et l’assignation directe qui me tente mais qui se heurte, elle aussi, à des problèmes
d’impécuniosité et de chronodéficience (« Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
qu’il ne faut pas lâcher sans en extraire l’or!
»- Charles Baudelaire) : ce moyen
s’articule en deux branches : la première consiste à contraindre tout préposé destinataire de ce courrier à lire des phrases de plus de dix lignes, la deuxième à renouveler cette demande,
avec des variations subséquentes liées aux résonances de cet échange dans l’actualité d’un grand voyageur, jusqu’à ce que me soit fournie la réponse
argumentée à mon courrier, abondamment mais précisément référencé, ce à quoi la simple courtoisie eût déjà exigé que l’on procédât.
Précision surérogatoire : je modifie l’affectation éventuelle de l’indemnité réclamée, ma solidarité à l’égard
des salariés de Seafrance n’est pas en cause, mais je préfère les affecter à la caisse de grève de mon Union Départementale (mon petit doigt me dit qu’il va bientôt y avoir une certaine urgence)
plutôt qu’à une SCOP. Et j’espère vous trouver de même.
Par Michel GODICHEAU
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Dimanche 18 décembre 2011
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10:45
Nikos Photopoulos est le président du Genop-DEI , le
syndicat de « l’EDF » grecque. Non seulement l’entreprise nationale est menacée de
privatisation et démantèlement, mais le gouvernement soumis à la Troïka a décidé de faire faire à ses employés le sale boulot : couper
l’électricité à ceux qui ne payent pas la nouvelle taxe foncière destinée à payer la « dette ». En effet cette taxe est prélevée
directement sur les factures EDF. C’est le gouvernement Papandreou qui, avec la BCE, le FMI et l’Union Européenne ont engendré cette taxe qui s’ajoute aux coupes sur les salaires et les retraites. Le gouvernement Papadimos (PASOK,ND, LA.O.S) la met en oeuvre. Les agents du DEI doivent à la fois préparer leur propre licenciement, gérer leur baisse de salaire... et couper l’électricité à ceux qui ne
peuvent pas payer. Nikos Photopoulos et la direction de son syndicat , bien qu’historiquement liés à la fraction du PASOK (PASKE) ont décidé de dire NON ! Ils ont bloqué pendant plusieurs jours le siège de l’entreprise, fait grève , été arrêtés et sont actuellement inculpés.
Abandon des poursuites
contre Nikos Photopoulos et ses amis !
Mais ils ont choisi la voie de la résistance ouvrière :
ainsi le vendredi 16 décembre 2011, Nikos Photopoulos et ses amis apportaient leur soutien aux
grévistes de l’entreprise nationale de Sidérurgie
grecque, EN GREVE DEPUIS 45 JOURS (dans le silence des média internationaux) en leur disant en substance : les patrons et le
gouvernement veulent nous diviser profession par profession , mais le moment est venu pour les
travailleurs d’écrire l’Histoire ! Vous pouvez lire le communiqué de l’Entente Internationale des travailleurs et des peuples et envoyer vos soutiens. Vous trouverez
ici le site du Genop-DEI la vidéo de la visite de Nikos Photopoulos aux grévistes de la "Χαλυβουργία".
Par Michel GODICHEAU
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Mercredi 14 décembre 2011
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08:38
Madame Fourest a été mise à contribution par M. Glavany pour la conception
d’un guide des bonnes pratiques, destiné aux élus ; il propose des recettes pour appliquer la « laïcité » qui comporte « la prise en compte de la revendication religieuse », sans toucher aux lois anti-laïques : on comprendra que cela nécessite pour le mois une baguette, un chapeau et quelques
jongleries. Et c’est là que Caroline Fourest intervient, en perfectionnant semble t-il le système
mis au point par Mme Kintzler qui réclamait que la dissimulation du visage soit interdite dans tous les lieux accessibles au public. M. Hortefeux lui a donné raison puis a cédé sa place à M. Guéant. Mme Fourest
distingue six sortes de sphères : 1. Les sphères du
sens (école, administration, équipement public, tribunal, parlement).- 2.- Les sphères de contrainte (hôpital, prison). 3.- Les sphères de liberté réglementée (rue) 4.- Les sphères de liberté
maximale (domicile) 5. Les sphères de l’intérêt mutuel (entreprise) 6. Les sphères de l’accommodement (commerce relations client/prestataire). On pourrait se borner à trouver cela seulement
grotesque et à imaginer dame Caro jonglant dans le monde coloré de ses boules scintillantes. Et puis si l’on y réfléchit un peu c’est une curieuse musique que l’on entend :
l’école est banalisée et fait partie de la même catégorie que le tribunal, l’abbé Lemire, le chanoine Kir, l’abbé Grégoire ont des soucis à se faire,
la loi de 1887 sur les cimetières aussi, mon domicile est découpé en plusieurs sphères (ça c’est pour
viser les conductrices voilées, non ?) , l’entreprise est pour elle une communauté (Madame, on s’en doutait un peu !) et tout contact social avec l’autre nécessite la détermination de son statut et une contrainte légale d’accommodement. Bon, alors on peut circuler ? Bon, il faut regarder comment je m’habille, car je vais passer d’une sphère du sens
à une sphère de liberté réglementée, puis, ensuite, rendre visite à quelqu’un dans une sphère de contrainte... bon sang, comment faisait donc le
législateur en 1905 ? Les boules de Mme Fourest ressemblent parfois à du Soleil Vert.
Par Michel GODICHEAU
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Samedi 10 décembre 2011
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Les principes du Concordat s’appliquèrent en Algérie à partir de 1837, en raison
de la création d’un évêché qui consolidait la conquête coloniale. Pour se concilier une partie des autorités « indigènes », le colonisateur
s’engagea cependant à respecter le culte musulman et commença même à l’organiser. Les musulmans de la nouvelle colonie, conquise avec brutalité à
partir de 1830, allaient ainsi « bénéficier » à partir de 1843 du dispositif concordataire. L’Etat français garantissait l’application du
droit musulman aux populations indigènes et finançait le fonctionnement des mosquées. Magnifique ? Pas vraiment ! Les règles non écrites de
la colonisation s’appliquaient aussi : les richesses foncières des fondations pieuses des habous
de l’islam qui entretenaient les mosquées avaient été
confisquées. Enfin le financement ne concernait au début que six muftis et six imams ordinaires. Bon,
je m’arrête : je vais donner des idées à M.Guéant ou à son successeur .
Par Michel GODICHEAU
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Mercredi 7 décembre 2011
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01:15
Jeudi soir, à Pau, j’aurai un mot pour Jean Guillou. De l’église
Saint Serge à la cathédrale d’Auch, de Saint Eustache à Sainte Marie de Comminges, du chanoine Aubeux à Thierry Escaich, j’aime l’orgue. On ressent dans ses tripes la puissance d’un Cavaillé-Coll et on ne peut que souscrire
à ce propos de l’organiste angevin :
« On peut imaginer aussi de construire un orgue dans l’espace cosmique, par exemple sur un satellite
géostationnaire. Ce serait formidable. Ce serait le côté capitaine Némo, car l’orgue, en dehors de son aspect mystique, a aussi toujours eu une connotation un peu diabolique, un peu
fantastique ".
Du petit député-maire de Trélazé, à l’ancien ministre de Giscard ou à l’ancien chef de cabinet de Lionel Jospin,
on confond orgues et bénitiers et on considère comme naturel que les orgues garnissent les églises et s'y empoussièrent. Jean Guillou, lui, a refusé
la légion d’honneur à cause du sort fait à la musique et continue à vouloir sortir les orgues des églises pour faire profiter les mécréants du souffle et les mystiques du
soufre.
Par Michel GODICHEAU
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Dimanche 4 décembre 2011
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15:28
Bon on a déjà du leur faire ! Jet FM est une des plus anciennes et
des plus dynamiques radios associatives. Ses locaux de Saint-Herblain (44) bruissent d’une activité ordonnée mais décontractée au service d’une
qualité professionnelle. Ses animateurs montrent ainsi qu’on peut faire une bonne radio avec une
programmation éclectique qui n’exclut pas le débat d’idées. Evidemment, il faut parfois se battre pour préserver son indépendance, surtout en période électorale, mais le résultat est à la
hauteur. Comme à Radio Campus Lille, la Libre Pensée y dispose d’une émission mensuelle. C’est dans ce cadre que j’y ai été interviewé en octobre à propos de « La revanche du Parti Noir ». J’aurais pu vous mettre le podcast, je préfère vous donner le lien.http://www.jetfm.asso.fr/site/stockage/ Cela leur fera de la visite et vous pourrez, de temps en temps, l’écouter en numérique pas
seulement pour la Libre Pensée .
Par Michel GODICHEAU
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Vendredi 2 décembre 2011
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09:26
J’étais mercredi en conférence à Châteauroux pour la présentation de
« La revanche du parti noir ». Le président de la Libre Pensée de l’Indre avait eu un peu de
mal à convaincre la libraire locale de commander des ouvrages : « Ce genre de livres
politiques ne se vend pas !». Finalement, dix exemplaires avaient été commandés, quinze livrés (L’Abeille est futée et le Castor opiniâtre) et
tous ont été vendus. Cela confirme l’impression que j’avais eue après la conférence à Saint Herblain : l’attachement des citoyens (et pas seulement des enseignants) à l’Ecole publique et
laïque et le degré d’urgence ressenti sont souvent sous estimés. Mais que l’on donne des éléments d’analyse aux postiers, cheminots (et même en l’occurrence pharmaciens et fonctionnaires de
police retraités), ils sont tout prêts à s’en saisir.
Par Michel GODICHEAU
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Mardi 29 novembre 2011
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07:58
En Grèce, beaucoup de gens parlent désormais de Révolution ; la rue est encombrée devant les assurances sociales (IKA),
dont le financement vient de diminuer de 40%, les flics viennent de dégager le siège de DEH (EDF)
bloqué par les syndicalistes qui refusent d’être utilisés pour collecter les nouvelles taxes et couper l’électricité des pauvres, seize syndicalistes ont été arrêtés et déférés au juge. Tous les
soirs à 20h c’est Sarkozy, Merkel, Barroso, l’Eurogroup, l’Ecofin et le cirque des journalistes stipendiés, qui tissent autour de l’opinion publique
une toile d’araignée poisseuse dont Olga Tremi et Prétenderis sont les symboles sur Mega, la principale
chaîne privée grecque ; mais leur peur commence à s'y voir : celle des députés de la Boulè est
tout aussi visible. Certains peuvent aussi avoir honte. Quelques-uns commencent même à se lever. Une Grève générale est annoncée pour le 1° décembre : elle pourrait constituer un
tournant.
Par Michel GODICHEAU
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Samedi 26 novembre 2011
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22:40
Au bistrot du port, chez Phedra, deux clients boivent leur ouzo et trempent
leur pain dans l’huile salée des mézés lorsque la petite assiette est finie. Chacun à sa table, mais d’une table à l’autre on s’interpelle
! Stelio demande à Yannis :
C’est quoi déjà le nom du nouveau premier ministre ?
Yannis : c’est un grand fasciste !
Stelio : comment il s’appelle ?
Yannis : un anaconda !
D’autres appellent Papamonti, ce Protoypourgos qui s’appelle en fait
Papadimos, indiquant ainsi que la Grèce et l’Italie sont maintenant toutes les deux administrées
par des gauleiters de l’Union Européenne.
Et enfin, il existe plusieurs version de ceci :
http://www.youtube.com/watch?v=hLlKJ9eL79w
Pour ceux comprennent un peu l’anglais... Les commentaires sont intéressants et pointent la responsabilité des USA et les limites de la caricature antiallemande...
Par Michel GODICHEAU
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Samedi 26 novembre 2011
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Le 17 novembre 1973 les tanks des colonels qui exerçaient
la dictature militaire depuis 1967 pénétraient dans l'enceinte de l'école Polytechnique à Athènes. Au bout de sept ans de dictature, les étudiants de l'école Polytechnique s'étaient enfermés dans
l'école. Ils y avaient monté un poste de radio pirate et appelaient le peuple à la révolte. Au bout de trois jours le nombre de manifestants devant l'école inquiéta le gouvernement au point que
le soir du 17 novembre, l'armée fut envoyée pour reprendre le contrôle de la situation. Un tank fit tomber les grilles de l'école, tuant les étudiants qui y avaient grimpé, roula sur plusieurs
corps, pendant que des soldats tuaient la plupart des étudiants présents dans l'école. Cet évènement marqua le début de la fin de la dictature qui s’effondra un an plus tard, après l’aventure
chypriote des colonels (d’après Wikipedia)
Ce 17 novembre 2011 à Limenaria (Thassos), la salle de l’association culturelle était pleine pour commémorer et honorer les étudiants de l’Ecole Polytechnique, un joli montage de photographies des années 70
retraçait la glorieuse journée évoquée par les enfants des écoles dans leurs saynètes
dialoguées et leurs chants repris par les parents. Au-delà des discours imprégnés du programme du KKE
(Parti Communiste de Grèce), un peuple d’ouvriers et de paysans se regroupait une fois de plus autour
de mythes fondateurs. Et c’était important pour deux raisons : la première est que , au moment où l’Union Européenne faisait entrer au
gouvernement d’union presque nationale les dignes héritiers des colonels (le LA.O.S), la mémoire vivante de ceux qui avaient subi l’emprisonnement,
la torture ou l’exil continuait à se manifester ; la deuxième est que, cette année
particulièrement, la presse aux mains des armateurs et des banquiers avait organisé un black out sur cet anniversaire : c’est à peine s’il en
fut question sous forme d’images de coups de matraque ou de fumées de grenades chimiques bien actuelles. Qu’importe, les forces se regroupent :
de ce point de vue, la présence visible dans les manifs d’une unité spéciale de policiers fournis par l’OTAN pour réprimer les émeutes est, d’un
certain point de vue, un aveu de faiblesse : c’est admettre qu’une solution locale à une situation insurrectionnelle serait difficile à trouver. Bel hommage aux « héros de l’Ecole
Polytechnique ».
Par Michel GODICHEAU
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