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Publié par Michel GODICHEAU

Je ne voulais rien écrire car je porte le deuil et ce mode d'expression publique n'est guère favorable à la gestion des émotions intimes, mais les premiers détrousseurs de cadavres ayant commencé à sévir, ces quelques mots.

 

Marc Blondel est mort au combat, celui de la classe ouvrière pour son émancipation. J'ai appris à le connaître ces dernières années : il y avait chez lui la complexité intellectuelle d'un dirigeant et la simplicité d'un honnête homme et d'un bon camarade. Le courage aussi, toujours prêt à payer de sa personne s'il le jugeait nécessaire, même face aux « grands de ce monde » qu'il connaissait bien et même en écrasant quelques pieds, pourquoi pas ? Il avait pour les hommes et les idées qu'il combattait une grande connaissance des ressorts personnels et souvent des indulgences étonnantes dont il ne laissait rien apparaître publiquement. Au quotidien, c'était un homme pudique, d'une grande délicatesse avec les militants ou les salariés des organisations qu'il pouvait avoir à diriger. Marc Blondel était un libre penseur, un vrai, un sensible, plein de blessures et de cicatrices, un révolté plein d'énergie et de projets. La reculade de François Hollande sur les fusillés pour l'exemple de la guerre 1914-1918 l'avait particulièrement mortifié. Nous envisagions ensemble comment reprendre le flambeau au plan du droit du travail et de sa protection, en France comme au plan international, contre ceux qui, fut-ce au nom des « valeurs » laïques, veulent jouer la division des communautés contre les réalités de la lutte des classes. Les anecdotes qui me viennent à l'esprit sont tendres, chaleureuses ou drôles et familiales, elles n'ont pas leur place ici. L'école publique et laïque vient de perdre un de ses plus farouches et efficaces défenseurs, c'est pourquoi je me suis autorisé à en parler sur ce blog.

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