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Publié par Michel GODICHEAU

 

 

 

 

Mon cher Guillaume,

 

Je n'en peux plus, je crois que je vais casser quelques assiettes ! Je t'écris de Nantes, mon TGV va partir, rassure-toi je suis dedans et je ne serai pas en retard. Oui, je te fais une scène, non nous n'avions pas rendez-vous ; enfin j'ai rendez-vous, mais pas avec toi et cela me rassure car les assiettes, je crois que je te les aurais cassées sur la tête. Ce sont les petites choses de la vie et c'est toujours comme cela : le contingent exprime le nécessaire. Hier, donc, nouveau contrôle en gare à Montparnasse : j'ai bien compris que les « contrôleurs » n'en étaient pas, car un voyageur qui pour cause d'erreur entre le train de 17H49 et le train de 17h53 pour la même destination a été prié de rechercher la contrôleuse pour mendier une place dans ce train qui n'étaient pas plein. Je ne sais s'il a obtenu satisfaction. Bref, à quel titre juridique ces agents sont-ils autorisés à bloquer l'accès aux voyageurs sans le bon billet, je l'ignore. J'aurais certes pu demander à la police ferroviaire de proximité (révérence parler), mais mon altruisme ne supporte pas leur conception de la courtoisie. Donc ensuite, le bar était plein, un ami (qui n'était pas dans la bonne rame comme quoi il y a des failles) m'a payé une bière, nous avons discuté syndicalisme et de la grève du 15 mai que je soutiens et où je ne sais pas si je serai pris en otage, bref, un voyage normal, même s'il avait commencé par ce désagrément. Certes il y a la fraude et donc un gisement de productivité, mais au bout du compte on paye le km plus cher qu'en Suisse. A Nantes, voici l'objet de mon courroux : « l'accueil en gare » a dépassé toutes mes craintes, nous étions fermement bloqués au sommet de la pente d'accès au quai : cela économise 16 personnes (4 au lieu de 20) qui, de toute façon, doivent être difficiles à trouver ici et c'est efficace : on est obligé de laisser ses bagages dans la pente pour sortir les titres de transport (moi j'étais un peu énervé, tous mes papiers sont tombés) ; j'ai indiqué à l'agent que je venais de changer de billet et que je pariais qu'il ne me trouverait pas . « Avez-vous un billet ? » fut la très socratique réponse. « A vous de voir, mon cher Criton ! » m'entendis-je répondre. Je laissai passer une dame qui laissa là son porteur de mari (mais il y a un service pour cela n'est-ce-pas?) et Criton n'ayant pas d'appareil pour lire le flashcode me passa à son collègue ; j'attendis un peu car des amoureux devaient faire là leurs adieux (tu te rends compte du signal que tu donnes en termes de civilisation ?) . Et l'agent muni de l'appareil adéquat ne m'a pas trouvé : il est toujours délicat de programmer le fonctionnement des agrégateurs et les 20mn précédentes n'avaient pas réussi à mettre à jour l'information. Et je montrai in fine ma confirmation d'e-billet à Gorgias (car c'était lui) , qui s'en satisfit. Mon cher Pepy, je ne plaide pas pour moi, ni même pour l'image de ta société – tiens, encore une anecdote : j'ai voyagé dans un carré à côté d' un couple avec enfants, la trentaine bien blonde, policée et caucasienne, ils se félicitaient du contrôle en gare mais déploraient qu'il ne soit pas généralisé et plus sévère, que les contrôleurs ne disent rien aux personnes qui téléphonaient dans la voiture et qu'il n'y ait plus de papier dans les toilettes (Ah ! Les prestataires!) . J'ai bon cœur : j'ai donné un paquet de mouchoirs pour le petit garçon et déploré in petto que ce couple corresponde à la clientèle que tu recherches. Et que tu ne trouveras pas, du moins je l'espère. Vois tu Guillaume, les quais de gare sont faits pour s'embrasser, se dire au revoir, les trains pour faire connaissance et pas pour penser à l'intervalle ou à l'alliance Railteam, parfois j'ai l'impression que tu n'aimes pas les trains. D'ailleurs je ne t'ai jamais vu dans le TGV. Je serai lundi à la gare de Montrejeau-Gourdan-Polignan où il n'y a pas de contrôle en gare, mes petits-enfants viennent m'y attendre pour se faire un peu peur avec le bruit des freins du TER et raconter ensuite des histoires à l'école. Promis, si je trouve un ticket de quai dans les tiroirs de mes parents , je l'encadre et le mets sur mon autel des lares. Et je piquerai dedans pour que tu sursautes à l'arrière de ta voiture de fonction.

 

A te lire et comme disait l'amie Ernestine etc etc.

 

 

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