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Publié par Michel GODICHEAU

 

La Maison Mame, de Tours a fait sa fortune avec les manuels destinés aux établissements de l'enseignement privé catholique. Puis avec les livres religieux : missels et catéchismes. L'édition de 1939 du «Précis d'Histoire des Temps Modernes» ne manque pas de qualités : il s'agissait d'éduquer mais aussi d'instruire les enfants de la bourgeoisie et ceux qui pouvaient être sélectionnés pour une carrière dans le clergé. De plus, la démocratisation que représentaient les écoles primaires supérieures amenait de nouveaux flux d'élèves qu'il fallait tenter de capter, notamment pour recruter des instituteurs catholiques, dont le niveau laissait alors beaucoup à désirer. Donc, le niveau devait être soigné : contexte international, histoire de l'art... Mais bon, sans rien lâcher. Ainsi le sort, qui peut paraître étonnant aujourd'hui, fait à François Rabelais :

 

 

« A la philosophie chrétienne, la Renaissance opposa, plus ou moins ouvertement, celle de l'antiquité païenne. Elle enseigna l'indépendance de la raison, qui permet le libre examen des vérités de la foi et des livres qui les renferment ; l'indépendance de la morale qui, niant le péché originel et ses suites, prend la nature comme un doux guide, selon l'expression de Montaigne, et la suit dans ses goûts et plaisirs sensuels.

 

Le premier effet de cette étrange morale fut le développement effréné de la littérature obscène, dont Rabelais fut, en France, le plus célèbre représentant.

 

Des livres, le dérèglement passa aux mœurs. » (p56)

 

(la mise en forme du texte a été respectée)

 

Cet étrange hommage du vice clérical à la vertu du père de Pantagruel n'empêche pas aujourd'hui les mêmes de tenter d'employer Rabelais à contresens pour tenter d'imposer aux chercheurs un serment éthique (voir billet ci-dessous : «Sapience n'entre point en âme malivole»

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