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Publié par Michel GODICHEAU

 

L'un, Marc Trevidic, est en activité, a une réputation d'efficacité, c'est aussi un écrivain et un personnage médiatique. Je lui connais des groupies (des vraies), dans les milieux professionnels concernés. Jean-Michel Lambert était aussi écrivain. Il s'est suicidé le 11 juillet 2017, je ne le connaissais pas, mais certains de mes amis ou bien l'ont soutenu humainement ou bien l'ont fait venir dans leur classe pour expliquer l'institution judiciaire. Marc Trévidic est actuellement vice-président d'un Tribunal de Grande Instance, c'est aussi le poste où Jean-Michel Lambert a terminé sa carrière.

Je viens de finir l'avant-dernier livre de Marc Trévidic « Terroristes – les 7 piliers de la déraison. ». Je ne suis pas devenu groupie. La construction de synopsis familiaux autour des terroristes ou des victimes m'a gêné. J'ai salué la lucidité de Trévidic sur l'état d'urgence ou les prétendus experts, mais j'ai un sentiment de malaise. Le rapport de M. Trévidic à l’État est quand même bizarre, il écrit :

« Dans un passé pas si lointain tous ces jeunes désœuvrés en quête d'absolu auraient été heureux de mourir pour la France » (p23)

Diable ! L'admirable enthousiasme des tirailleurs sénégalais est-il de retour ? Je ne ferai pas l'injure à Marc Trévidic de le comparer à l'infâme Brunet qui enjoint à une députée de la Nation de crier « Vive la France » parce qu'elle est noire et s'appelle Obono…

De même dans la note (p 46) sur les Palestiniens terroristes, devenus ou non présentables, on ne comprend pas grand-chose non plus. Arafat avait choisi l'Internationale socialiste (oui, celle de Mitterrand et de F.Hollande!) comme référence et abandonné l'objectif d'une Palestine laïque et démocratique au profit d'un État-croupion sans cesse rongé par Israël. A creuser, non ?

De même encore la note (p.48) sur l'explication de shahid (martyr) , où on l'est toujours si l'on meurt contre Assad, comme contre les mécréants . Les Alaouites de Bachar avaient dans les plans du colonialisme un état à eux, et Damas était aussi la ville où 50 ans avant l’État alaouite projeté, le futur cardinal Lavigerie rêvait d'un califat pro-français. Non, ça n'explique pas. Mais ça fait partie d'une réalité que certains chouhada (pas ceux de Roubaix), connaissent.

Je ne sais pas ce que Jean-Michel Lambert disait dans ses livres sur son rapport à l’État, mais dans une lettre qu'il a laissée il affirme :

« On ne connaîtra jamais la vérité parce qu’on refuse de voir la vérité. »

Au delà de ce que cela signifie concrètement (sur le fond je ne sais rien et je ne sais même pas si la Vologne est une bonne rivière à truites ), cela indique que le rapport entre les institutions régaliennes (police, justice, armée-gendarmerie) est un rapport très médié à la réalité (ou à la vérité). Les écrits des deux magistrats en témoignent.

Le salafisme moderne a ses racines dans les secousses qui ont mis fin à l'empire Ottoman, mais du point de vue des massacres de masse (Aum, Isis, Rwanda, Sud-Soudan, Boko Haram, Las Vegas…) on ferait bien d'aller aussi fouiller ailleurs. Pierre Legendre (dont je ne partage pas les conclusions) écrivait :

« C'est ainsi que procède le montage de l'interdit dans l'humanité : en représentant le meurtre sur une scène, à partir de laquelle s'établit l'écart entre la Loi et le sujet » (Le crime du Caporal Lortie - p32)

Vis à vis de cette scène, les deux magistrats apparaissent dans leurs écrits comme des spectateurs sidéré pour l'un, accablé pour l'autre : il y a là quelque chose qui cloche.

Tribunal en grève en Uruguay

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