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Publié par Michel GODICHEAU

 

L'affaire Weinstein et surtout le nombre important des révélations parallèles ou subséquentes nous ré-introduit dans la manifestation des peurs de masse. Ici l'ogre ou Barbe-Bleue, celui qui possède les clés, a des perversions qui ne doivent pas être rendues publiques : si elles le sont, la chute de l'ogre devra s'accompagner d'un processus de catharsis sociale, comme dans le conte de Charles Perrault qui se conclut, après le meurtre de l'ogre, par une belle réussite familiale bourgeoise (nous sommes chez les roturiers en 1695).

Ces histoires d'ogres étaient, dans la campagne de mon enfance, liées à la terreur inspirée par Gilles de Rais, un voisin : oui nous avions peur d'être mangés, alors que le sort que le seigneur de Champtocé réservait à ses victimes était bien pire. Et tous de se demander avec Tournier ce que Gilles de Rais et Jeanne d'Arc, compagnons d'armes et de chevauchées, savaient l'un de l'autre. Tant à Hollywood que dans les avatars parisiens, les épisodes contemporains ont quelque chose de plus minable, mais on se pose toujours les mêmes et peut-être vaines question sur « qui savait quoi ?» Gilles de Rais avait du moins un confesseur. « L'ogre est partout ! », disent mille voix ! Et l’État promet d'intervenir. Ce même Etat qui envoyait jadis au Québec, en Guyane ou en Nouvelle-Calédonie des femmes pour y être fécondées. Les femmes revivent en permanence « L'enlèvement des Sabines » et les débats sur le « consentement » n'ont finalement que peu changé les pratiques. Notons d'ailleurs que l'enlèvement comme forme normale de régulation sociale de la testostérone pour échapper à l'ogre paternel est encore évoqué par l'art 340 du Code civil. Le caractère de masse des révélations interroge à la fois sur la recherche de « l'homme normal » et sur les protocoles savants et les codes mis en avant pour réguler les rapports intersexués (dans le respect, cela va de soi, des prescriptions religieuses, de la fidélité conjugale et de l'intérêt de l'enfant, faut pas déconner!). Vorreï o non vorreï (mais chez Mozart le prédateur est aristocrate et on approche de la Révolution).

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