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Publié par Michel GODICHEAU

 

Le 29 avril 2019, je m’interrogeais ici sur Juan Branco : j’ai maintenant la réponse. Ce petit personnage a laissé tomber  les références à Marx, il participe aujourd’hui à l’implosion de la Macronie, mais  dans le sillage dee Son Forget et d'un lointain avatar d'agent de l'Okhrana . Il y a un an , je pensais plutôt, que les milieux dont il est issu murmuraient « Tu quoque mi fili ! », maintenant la formule qui lui va le mieux est, sans conteste, « asinus asisum fricat ». Mais finissons-en avec les pages roses qui ne disent plus rien à personne.

 

Poutine se marre, je crois., et peut-être même que Trump se marre avec lui. Quand on voit que Marianne, le Monde et quelques autres sont satellisés par le FSB (avec une large orbite certes, comme dirait Griveaux) , on ne peut pas être surpris que Poutine ait de si efficaces opposants.

 

J’avais évoqué Bakounine, et c’était très injuste pour Mickail Alexandrovitch : dans le rôle, Branco me semble, in fine, plus proche de Cohn-Bendit ;

 

L’homme aux couilles crucifiées s’est-il fait lire les lignes de gonades ? Si oui, il sait à quoi s’en tenir.

 

J’ai visité ce soir une vieille dame hospitalisée, on a parlé de la mort, de l’érotisme et de la poésie : c’était bien.

 

Aujourd’hui des milliers d’hospitaliers manifestaient, lundi tout le monde manifeste. Il est impossible que ça continue , d’ailleurs ça s’effondre.

 

 

L’érotisme légitimé

Texte intégral


 

1Si la première décennie du XXe siècle correspond, dans l’itinéraire créateur de Cavafy, à l’aboutissement de son processus d’inspiration ainsi qu’à la libération de l’expression érotique dont le point d’orgue est la publication en 1911 du poème Τὰ Ἐπικίνδυνα (Les Dangers), ce n’est que quelques années plus tard, soit autour de 1915, que le poète fonde la légitimité de l’érotisme dans l’acte démiurgique. En effet, avec la maturité et ses certitudes, avec la décision de ne plus tenir secrets ses poèmes sensuels, vient aussi pour lui la nécessité de définir clairement, pour mieux les affirmer, les liens étroits entre poésie et érotisme. Renouant alors avec les réflexions qui l’ont occupé dès ses années de formation, Cavafy fait des liens entre l’art et la morale l’idée maîtresse d’une série de poèmes, ce qui lui permet en outre d’interroger les rapports entre érotisme et société. Ce cycle de cinq poèmes, inédits et officiels, marque la dernière étape avant la maturité et fonde l’érotisme comme clé définitive de sa démarche poétique. Il s’agit des poèmes Ἔτσι (Ainsi), Πέρασμα (Passage), Νόησις (Sens), Ἡ ἀρχή των (Leur origine), Κι ἀκούμπησα καὶ πλάγιασα στὲς κλίνες των (Et je me suis accoudé et je me suis couché sur leurs lits), tous composés entre 1913 et 1915.

1. La réconciliation entre érotisme et poésie entre 1913 et 1915

  • 1 Première publication dans Cavafy, Ἀνέκδοτα Ποιήματα.

2Le poème qui inaugure le cycle s’intitule Ἔτσι (Ainsi), inédit composé en avril 1913 qui figure dans la rubrique thématique « Πάθη » (« Passions ») et dont la première publication date seulement de 19681 :

Στὴν ἄσεμνην αὐτὴ φωτογραφία ποὺ κρυφὰ
στὸν δρόμο (ὁ ἀστυνόμος νὰ μὴ δεῖ) πουλήθηκε,
στὴν πορνικὴν αὐτὴ φωτογραφία,
πῶς βρέθηκε τέτοιο ἕνα πρόσωπο
τοῦ ὀνείρου ἐδῶ πῶς βρέθηκες ἐσύ.

Ποιὸς ξέρει τί ξευτελισμένη, πρόστυχη ζωὴ θὰ ζεῖς
τί ἀπαίσιο θά ’ταν τὸ περιβάλλον
ὅταν θὰ στάθηκες νὰ σὲ φωτογραφήσουν
τί ποταπὴ ψυχὴ θὰ εἶν’ ἡ δική σου.
Μὰ μ’ ὅλ’ αὐτὰ, καὶ πιότερα, γιὰ μένα μένεις
τό πρόσωπο τοῦ ὀνείρου, ἡ μορφὴ
γιὰ ἑλληνικὴ ἡδονὴ πλασμένη καὶ δοσμένη —
ἔτσι γιὰ μένα μένεις καὶ σὲ λέγ’ ἡ ποίησίς μου.

Sur cette photographie obscène vendue
sous le manteau dans la rue (pour échapper à l’œil du policier),
sur cette photographie pornographique,
comment un tel visage de rêve a-t-il pu se retrouver,
comment as-tu pu t’y retrouver, toi.

Qui sait quelle vie de rien, quelle vie infâme tu mènes ;
en quel lieu sordide devais-tu te trouver
quand tu as pris la pose pour ce cliché.
Comme ton âme doit être basse.
Malgré tout cela, et même pire, tu restes pour moi
le visage de rêve, la figure
créée et offerte au plaisir grec —
c’est ainsi que tu restes pour moi et que ma poésie te chante.

 

COAVOUX, Sophie. L’érotisme légitimé In : Le développement de l’érotisme dans la poésie de Constantin Cavafy [en ligne]. Montpellier : Presses universitaires de la Méditerranée, 2013 (généré le 14 février 2020). Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/pulm/1207>. ISBN : 9782367812236. DOI : 10.4000/books.pulm.1207.

 

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