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Publié par Michel GODICHEAU

J'ai repris le texte, un peu corrigé, et ajouté quelques liaisons. (12/02/2010)

Avant même le début de paralysie de la Chine, les ruptures d’approvisionnement des pharmacies en médicaments étaient devenues fréquentes, à cause des flux tendus, des décisions  des centres de profit et des fragilités logistiques. Aujourd’hui le phénomène est devenu massif (j’en témoigne!) et va s’étendre à de nombreux produits industriels, parfois insoupçonnés, les fleurs artificielles, par exemple, si j’en crois un commerçant grec de mes relations. Mais plus généralement il se pourrait que l’impact soit systémique.

Le salon mondial de la téléphonie mobile de Barcelone, fin février, est menacé par l’épidémie de coronavirus et à, court terme, le transport aérien sera affecté (pas seulement celui avec la Chine).

En France, pendant ce temps, le CAC navigue allègrement au-dessus des 6000 points, le samedi on chasse les gilets jaunes et en semaine on fait savoir aux opposants que la réforme par points passera.

Les alarmes souvent très pertinentes d’un Emmanuel Todd, que certains ont du mal à entendre, sont sans doute en-dessous de la réalité, mais il y a un point de sa méthodologie que j’ai déjà abordé ici, c’est qu’il puise dans la boite à outils de Karl Marx (comme des féministes peuvent plonger dans celle de Friedrich Engels).

E. Todd cite à plusieurs reprises le du « 18 brumaire » (1852 !) dont il souligne la totale actualité. Ainsi quand Marx décrit Macron  et ses références, pas même subliminales, aux monarchies, à la transcendance et au Versailles de Carlos Gohsn.

« Et même quand ils semblent occupés à se transformer, eux et les choses, à créer quelque chose de tout à fait nouveau, c’est précisément à ces époques de crise révolutionnaire qu’ils évoquent craintivement les esprits du passé, qu’ils leur empruntent leurs noms, leurs mots d’ordre, leurs costumes, pour apparaître sur la nouvelle scène de l’histoire sous ce déguisement respectable et avec ce langage emprunté »

Cela paraîtra dérisoire quand les marchés se seront effondrés, mais on continue de détruire allègrement touts les digues qui nous séparent de la barbarie sociale, sanitaire, économique, voire alimentaire.

 

Dans le revue « La Vérité » (N° 104 nouvelle série), un article examine la situation économique mondiale en décembre 2019 et les risques d’une crise systémique d’une ampleur inégalée. Cette crise qui vient est liée à la fois au gouffre désormais créé entre les conditions de la production (c’est-à-dire de la création de valeur) et les conditions du marché engorgé de capitaux. La solution imposée partout avec des modalités voisines est la réduction de la valeur de la force de travail qui nécessite à son tour la destruction de tous les droits. Un seul exemple : Cosco, investisseur chinois a acquis la plus grande partie du port du Pirée, près d’Athènes, pour en faire « le premier port de transit de la Méditerranée » : dans les semaines cette activité pourrait se trouver paralysée. Quelles conséquences ?

Le récent discours de Macron à l’Ecole de guerre tient  compte de cette facette de la réalité décrite par M. McPherson dans l’article déjà évoqué de « La Vérité : la proximité de la guerre économique et des alliances militaires. Cette proposition d’une mutualisation des ressources nucléaires stratégiques a été un peu invoquée par les média, mais surtout immédiatement saluée sur Russia TV. Mais cela suppose que la guerre économique Américano-Chinoise ait encore une réalité demain et le coronavirus pourrait changer cela.

 

Mais, et pour être plus léger (ou pour pleurer de honte?), il existe, à côté du gouffre financier d’autres abysses, comme celui dont témoigne la promotion, entrevue il y a quelques jours, du dernier livre d’Edouard Ferrand (repris de justesse et président de l’Assemblée) par Marlène Schiappa (#Mamantravaille, presque ministre). La société du 10 décembre décrite par Karl Marx dans « Le 18 brumaire de Louis Bonaparte » s’illustre on ne peut mieux . Allez une dernière citation :

« La Constitution, l’assemblée nationale, les partis dynastiques, les républicains bleus et rouges, les héros d’Afrique, le tonnerre de la tribune, les éclairs de la presse quotidienne, toute la littérature, les célébrités politiques et les renommées intellectuelles, le Code civil et le Code pénal, la « Liberté, Égalité, Fraternité » et le 2 mai 1852, tout cela disparut comme par enchantement devant l’incantation d’un homme que ses ennemis eux-mêmes ne considèrent pas comme un sorcier. Le suffrage universel semble n’avoir survécu un moment que pour écrire de sa propre main son testament à la face du monde et proclamer au nom du peuple lui-même : Tout ce qui existe mérite de périr. »

Ne s’y croirait-on pas ?

Heureusement, il y a encore de bonnes nouvelles : la tournée 2020 de Sepultura n’est pas annulée (pour l’instant!)


 

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