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Publié par Michel GODICHEAU

 

Ces jours-ci nous sommes confrontés à des problèmes dont beaucoup sont inédits, du moins à notre échelle historique, qui est quand même toute petite. Les destins personnels s’y trouvent soudain accélérés ou interrompus. Et comme cette interruption brutale prend la dimension d’un phénomène social, les chroniqueurs, aujourd’hui appelés éditorialistes, montent en chaire et nous disent… au fond ce que les prônes dominicaux disaient naguère à nos parents : ils prèchent l’acceptation. Du haut de leur croyance (ou même de leur atheisme). Ainsi de Christophe Barbier m’annonçant que ce n’est grave pour pas grand monde si la stratégie économique de soumission  aux impératifs du capital conduit à ma mort prématurée. Je ne saurais le contredire sur ce point, mais j’en suis tout de même affecté et j’ai besoin de comprendre.

Le besoin de comprendre est consubstantiel à l’humanité depuis qu’elle s’est bêtement (mais nécessairement) séparée des autres mammifères, sinon sa vie est en danger.

Ces jours-ci j’ai trouvé un réconfort intellectuel dans le texte suivant édté par la Fédération Nationale de la Libre pensée et publié par la Libre Pensée d’Ille et Vilaine

 

«  Avant d’aborder la dialectique, faisons un commentaire sur les limitations de la logique formelle et le rôle du temps :

 

La logique formelle est la logique de l’instantanéïté ou de l’intemporalité. Elle accepte le principe du tiers exclu (une affirmation est vraie ou fausse, toute trosième possibilité étant exclue). Cela délimite un programme où le temps et le devenir n’interviennent pas. Une fois qu’on a restreint le domaine d’étude à un instant, le temps a disparu et l’on a l’impression de l’intemporalité et de l’universalité, ce qui est très réducteur, car on a laissé de côté les causes efficientes (domaine de la science), qui opèrent du passé vers le futur (flèche du temps).

 

La pensée de la logique formelle est une pensée de l’instantanéité, dont le péché d’orgueil, très répandu parmi les penseurs, est de se considére en général, engendrant de la sorte un idéalisme ontologique, alors même que la limitation du programme est un agent inhibiteur et castrateur.

 

La logique formelle, on l’aura compris, est la pensée de « oui ou non », manifestement inadaptée aux subtilités des processus complexes en évolution, qui relèvent plutôt du « « oui, mais » et du « non, mais », ce qui constitue précisément le domaine de la dialectique »,

 

Evariste Sanchez-Palencia (membre de l’Académie des Sciences et du Conseil d’Administration de l’Union rationaliste). Introduction de sa communication au colloque « Dialectique, matérialisme, science moderne » organisé par la Fédération Nationale de la Libre Pensée : autour de la vie de Robert Havemann, physico-chimiste, opposant communiste dans l’ex-RDA. Ce colloque s’est tenu le samedi 10 décembre 2016 à l’Université Paris XI Orsay.

 

Je reconnais (et assume) que cette note ne devrait pas trop booster mon lectorat, et pour être cohérent je l’illustre d’une double référence, cette belle œuvre du compositeur hongrois Sandor Veres en hommage à un des peintre que j’apprécie, fils de musiciens, époux d’une musicienne Paul Klee, dont voici l’épitaphe, écrite par lui-même : elle me paraît coller à cet extrait (et renvoyer Christophe Barbier aux poubelles de l’Histoire, dont il n’aurait jamais du sortir).

 

Ici repose le peintre
Paul Klee,
né le ,
mort le .
Ici-bas je ne suis guère saisissable
car j'habite aussi bien chez les morts
que chez ceux qui ne sont pas nés encore,
un peu plus proche
de la création que de coutume,
bien loin d'en être jamais assez proche.

 

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