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Publié par Michel GODICHEAU

Au cimetière indien de Thessalonique

 

Entre chez moi et la voie ferrée, il y a des Albanais, ils côtoient des Russes du Pont, des Grecs du Pont, des Grecs d’Anatolie, de Crimée ou de Georgie, bref des Saloniquais d’aujourd’hui, enfin ceux de la banlieue, entre la zone portuaire et les zones industrielles.

On longe un bloc d’immeubles collectifs, assez propret, on passe sous le périf et on traverse les voies ferrées, on se retrouve à la lisière de Menemeni, le paysage a changé : friches à l’abandon, squats, vrais ou faux dispositifs de protection. Il n’y a pas que le paysage : un étroit chemin piéton serpente entre les déchets et les ordures qu’ont jetés plusieurs générations d’automobilistes, la strate supérieure exprime la modernité : gobelets Starbuck ou équivalents. Le cimetière est indiqué dans une rue sur la gauche. La grille s’ouvre sur une longue allée gazonnée, verte et impeccable, même si le vent a réussi à faire passer un sac poubelle, un seul. Le cimetière, dessiné par un architecte talentueux s’ouvre à deux cents mètres. Les tombes et les monuments des soldats musulmans, sikhs ou hindous sont fleuris avec soin par le Commonwealth. L’impérialisme qui les a amenés se faire tuer là veut laisser à penser qu’il faisait œuvre de civilisation. Sur certaines tombes, la devise britannique « Honni soit qui mal y pense » grimace comme un rictus. Beaucoup sont morts du paludisme jusqu’en 1918 ou de la grippe espagnole ensuite.

Côté français, je ne connais pas de cimetière, mais le général Franchet d’Espéret avait ses Sénégalais qui ont combattu aux côtés des Russes envoyés par le Tsar, puis par Kerensky. Après la révolution bolchevique et la paix de Brest-Litovsk, Franchet d’Espéret fit d’ailleurs déporter en Afrique du Nord les soldats russes soupçonnés de sympathie avec les soviets. Je ne sais pas si le destin de ces camarades a été documenté.

J’ai d’ailleurs l’impression d’avoir ici beaucoup de camarades : marins, soldats, charpentiers, paysans, cuisiniers. Je pense à mes amis indiens d’aujourd’hui et je suis ému.

J'ai commencé à lire l'excellent numéro de "L' Idée Libre" sur l'Inde, qui vient de paraître  en ce mois de septembre 2020, coordonné par mon ami Claude Biardeau, avec Tariq Ali, Babu Gogineni, la Charles Bradlaugh Society. ..  vous pouvez vous le procurer sur www.fnlp.fr  et s'il n'y en a  plus  j'en ai quelques-uns  (à prix d'or !)

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