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Publié par Michel GODICHEAU

En faisant les cartons je retrouve…. cette chanson de 1884 de Jean-Baptiste Clément (l’auteur du « Temps des Cerises »). Je ne sais pas si la musique que l’on trouve dans ce spectacle est d’origine et le propos qui l’introduit (à la 27ème minute), me paraît assez … apocryphe. Merci tout de même aux auteurs du site qui a exhumé le texte : ils en assurent ainsi la pérennité. Et ils ont raison d’en affirmer l’actualité. Le texte était précédé d’une dédicace, la voici :
« Au citoyen Bahonneau et à tous les bons camarades de Trélazé qui savent, par expérience, combien le pain est dur à gagner et qui sont las de voir une poignée de parasites vivre grassement aux dépens des travailleurs qui meurent à la peine. »
L’histoire d’André Bahonneau qui fut, avec Ludovic Ménard, le fondateur du syndicalisme ardoisier, mais aussi l’animateur de la Bourse du Travail d’Angers pendant plusieurs décennies, mériterait d’être restituée avec plus de relief que dans les sources existantes (Lebrun, Maitron), mais en accueillant Jean-Baptiste Clément en 1884, l’année même de la création de la Chambre syndicale, André Bahonneau et ses amis accueillaient un communard et un camarade, comme on ne disait pas encore.
Quelle fut la discussion ? Les registres précis désormais confiés par l’UD CGT-FO aux Archives départementales du Maine-et-Loire peuvent en dire un peu plus, mais je ne me souviens pas que cette réunion y ait été évoquée. La chanson « Aux loups » a circulé car on la retrouve une dizaine d’années plus tard dans le journal « L’Attaque » d’Ernest Gegout , disponible sur Gallica (Bnf).
En voici deux des derniers couplets qui me rappellent douloureusement ces images du marché noir de l’oxygène au Pérou où des familles essaient, pour faire face au Covid19, de réunir les 1300€ que coûte une bouteille.
 
Aux Loups
 
Il faut payer l’air qu’on respire
Payer, payer, toujours payer !
On gruge comme sous l’Empire
Le paysan et l’ouvrier..
Et quand l’argent manque
c’est du plomb qu’on nous flanque.
 
Eh ! Oh ! Eh ! Les gens de chez nous !
Aux loups ! Aux loups !
 
Il est visible que les traîtres
Qui pressurent les pauvres gens
Nous préparent de nouveaux maîtres
Pour nous reculer de cent ans..
On bat la générale !…
Vive la sociale !…

 

Jean-Baptiste CLEMENT
Trélazé-Malaquais - 1884
 
 
Des artistes s'expriment toujours  à Trélazé Malaquais, hier, dans la rue, ils ont dégenré Zapatta : Que viva Emiliana

Des artistes s'expriment toujours à Trélazé Malaquais, hier, dans la rue, ils ont dégenré Zapatta : Que viva Emiliana

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