J’avais décidé de n’envoyer mon livre à aucun média national à l’exception de « L’Idée Libre » « La Raison » « FO Hebdo » et « Le Plan B » ; en revanche j’avais préparé un petit mot pour les journalistes d’Ouest-France et du Courrier de l’Ouest, deux journaux catholiques issus du Sillon de Marc Sangnier, dont quelques rédacteurs me connaissent et savent même me trouver quand ça les intéresse. A Ouest-France on m’a proposé de m’inscrire sur Maville.com (ce que je n’ai pas encore fait – mon plan de diffusion fonctionne bien – merci) et je ne sais pas si le journal a passé quelque chose . Au Courrier de l’Ouest, que je lis chaque matin à l’heure du laitier, un journaliste torturé aux articles parfois étonnants avait indiqué qu’il le lirait et me rappellerait. Rien. Je lui laisse encore quelques jours pour le cas où il aurait été victime de la méthode globale de lecture et puis, s’il me rappelle je lui dirai que c’est trop tard. A l’expérience , les notes de lecture, même élogieuses, dans la presse locale ne génèrent que très peu de ventes alors qu’un bref passage sur une chaîne de télévision, même sur un réseau de second rang a davantage d’effets commerciaux. Je voulais seulement procurer une petite pub gratuite aux libraires angevins de « La Librairie » qui, depuis la disparition de M. Boisteau (un libraire très catholique, cultivé, charmant et très pro) tiennent à peu près seuls le flambeau de la diffusion des textes autrement que des savonnettes. Je vais trouver une fonction à ce blog, tiens.
Question : Pourquoi ce titre abscons ?
Le fait qu’une grossièreté incestueuse soit devenue en trente ans une quasi-ponctuation (à l’instar « pute con » toulousain ), par exemple pour « Qu’est-ce qui se passe ici ? », on peut dire : « "What the motherfuck is going on here ?") et ait pénétré en France a travers le rap, me paraît un signe des temps. Le motherfucker est quand même vachement régressif, mais en vrai , je me suis vraiment fendu la gueule à cause du clip de Kamini : « Un petit coup de motherfuck » (il faut que je lui envoie mon bouquin, tiens).
Question – Tu as vraiment connu Rocard et Plenel ? Tu es très vieux alors ?
Réponse - Oui, mais moins que Mick Jagger et je préfère de loin Eric Burdon.
Réponse – Tous n’en mourraient pas, mais tous étaient frappés !
Réponse : Il vient de faire la dernière page des journaux du groupe Ouest-France, je n’ai pas grand-chose à ajouter : comme disait Georges Brassens : « Le temps ne fait rien à l’affaire »
Réponse : Sur mon avenir personnel, pas des masses. Mais l’humanité a devant elle un joli challenge, après tout.
Les premières réactions .
Question de Martine -« Il faut savoir l’anglais pour comprendre le titre de ton bouquin ? »
R : Ben, non, Martine, pas forcément, il faut seulement savoir ce que ton fiston regarde sur Internet.
Question de Julien - «
Tu dis que ceci est ton testament, quand est-ce que tu dégages ? »
R : Espère toujours !
Question d’un journaliste – « Quel est votre objectif en écrivant ce livre qui attaque quand même beaucoup de monde ? »
R : Etre lu
Question du deuxième journaliste – « Pourquoi cachez-vous que vous êtes à Force Ouvrière ? »
R : Tu l’as dit, bouffi !
Question d’Edwy Plenel - « Vous parlez de moi et je ne vous connais même pas… »
R : Ta moustache me rappelle quelqu’un, mon Joseph !
Question d’un étudiant - « Puis-je en acheter un pour ma mère ? »
R : Tu veux une dédicace ?
Question d’une étudiante - « On décèle quand même dans votre livre une certaine tendresse, voilà… »
R : Quelle est la question ?
Il paraît que le pamphlet est un genre démodé. Ca tombe bien moi aussi.
Attention, pourtant, ça peut couper !
POURQUOI TANT DE HAINE ?
Le quotidien « La Croix » publiait le 16 avril 2008 la brève suivante :
« L’école victime de la hausse des prix. La hausse des prix alimentaires risque de dissuader de nombreux parents d‘envoyer leurs enfants à l’école dans les pays pauvres, a averti hier le Fonds des Nations-Unies pour l’Enfance (UNICEF). L’impact de la hausse des prix est particulièrement fort dans les pays pauvres où la nourriture absorbe 75% du revenu des familles, contre 15 % dans les pays riches. »
Laissons un instant les signaux envoyés par « La Croix » (« In hoc signo, vinces ? »), je serais comblé si, pour quelques-uns des lecteurs de mon petit livre, s’éclairaient un peu les questions suivantes :
- Quel est le rapport entre Gabriel Cohn-Bendit et le papier Zig-Zag ?
- Faut-il larguer Meirieu au-dessus du Burundi ou plutôt au Ténéré ?
- Que fait-on d’un élève mort de faim qui refuse de quitter la classe ?
- Est-il acceptable de faire ânonner des négrillons comme dans Tintin au Congo ou ne faut-il pas plutôt leur apprendre à apprendre comme le fait Gabriel Cohn-Bendit ?
- Que fait mon syndicat pour le syndicat des enseignants tchadiens ?
- Pour ou contre les biocarburants ?
- Pourquoi les familles des pays pauvres sont-elles si goinfres et ne devraient-elles pas préférer l’École ?
- Les Etablissements Publics d'Enseignement Primaire sont un pas vers l’école communautaire : quel rapport avec la brève ci-dessus ?
- Pourquoi, dans les pays riches, ce sont les soins dentaires et les frais d’optique qui sont les premières victimes du même phénomène ? Est-ce lié aux différences entre les races que d’aucuns s’évertuent à nier ?
Ce petit livre (85p) paraît en mai 2008 alors que les médias glosent sur l’ anniversaire de « mai 1968 », mais c’est un hasard , c’est seulement parce que j’ai pris du retard. Ceci dit, c’est vrai, j’ai connu ça, comme salarié gréviste, mais la génération des lycéens et étudiants d’aujourd’hui m’intéresse davantage que les sinistres repentis que l’on fait parler un peu partout. En 2006 la jeunesse a fait reculer le gouvernement au compte de la défense du Code du Travail. Ce ne sont pas des motherfuckers. Je les quitte en ce mois de mai, mais je continue mon combat de militant ouvrier, qui passe par le combat pour le droit à l’instruction, aujourd’hui en cours de destruction.
Editions de la Maraîchère – 8 €
En vente à « La Librairie »
12, rue Chaperonnière
Angers 02 41 87 48 43
Librairie de la Libre Pensée
10, rue des Fossés St Jacques
75005 Paris 01 46 34 21 50
Librairie Ombres Blanches
48 et 50 rue Gambetta
5 et 7 rue des Gestes
31000 Toulouse