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Publié par Michel GODICHEAU

Il existe un vieux débat  chez les libres penseurs : "pour ou contre la nationalisation laïque de l'enseignement". Pour ma part j'ai évolué sur cette question. Lorsqu'en 1967, avec l'UNEF, je participais à une délégation à Mgr Honoré, recteur de la catho, pour  demander la "nationalisation laïque",  je ne faisais guère autre chose que ce que font aujourd'hui les responsables de la Ligue (belge) de l'Enseignement lorsqu'ils proposent  un grand service public laïque, sous réserve  que l'enseignement catholique  abandonne son caractère propre. Les mêmes causes produisant en général les même effets, cela se traduira sans doute -au bout du compte- non pas par cette nationalisation impossible, mais par de nouveaux avantages accordés aux écoles chrétiennes. De ce point de vue, en France, Savary a ouvert la voie  à  Chevénement, Lang et Jospin qui ont, chacun à leur manière, contribué  à  aider  à l'application de la loi Debré, véritable texte  d'externalisation au profit  de l'Eglise romaine des missions d'instruction consubstantielles à la République.

Dès 1982-1983, avec Maurice Poperen et la vieille garde laïque regroupée dans la Libre Pensée,  nous avons mené la bataille  contre le "grand service unifié" sur le mots d'ordre  " A Ecole publique, fonds publics ! A Ecole privée, fonds privés". A la réflexion, je crois bien  que cette bataille, qui a  mis des millions d'hommes et de femmes dans la rue, est de celles qui  ont poussé  de façon décisive les  amis de Jospin  vers la collaboration avec  l'Eglise catholique. On voit parfois, dans les débats, revenir  d'anciens dirigeants  du  Comité National d'Action Laïque qui constatent comme nous  les dégâts  ; d'autres, infiltrés un moment via la CFDT  ou la FCPE s'en sont retournés (sans  forcément quitter le PS), vers  la  démocratie-chrétienne organisée  ( Jean Monnier a quitté le PS, Marc Goua  président de la Fédération des Oeuvres Laïques y est  entré...  pour  suivre  son ami Jean-Marie Bockel qui a ensuite rejoint Sarkozy et le mouvement n'est sans doute pas fini).

Cependant  l'offensive contre l'Ecole va  donner une nouvelle actualité  à la controverse, car l'Eglise catholique  est particulièrement bien placée pour promouvoir  une  Ecole qui  n'ait pas pour objectif l'instruction : on l'a vu  à travers la pédagogie, on  commence à le voir  à travers  les réformes de structures.  Le droit à une Ecole publique, gratuite et laïque  redevient une revendication fondamentale.
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