Lundi 6 juillet 2009
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Dans quelques mois L'association républicaine du Monument de la fédération Bretonne-Angevine de Pontivy célébrera son 220ème
anniversaire.
En effet, le 21 février 1790 les délégués venus des ci-devant provinces d'Anjou et de Bretagne prêtaient le serment suivant :
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Pacte d'Union
" Nous, Français Citoyens de la Bretagne et de l'Anjou, assemblés en congrès patriotique à Pontivy, arrêtons d'être
unis par les liens indissolubles d'une sainte fraternité, de défendre jusqu'à notre dernier soupir la Constitution de l'Etat et les Décrets de l'Assemblée
nationale.
Nous déclarons solennellement que n'étant ni Bretons ni Angevins, mais Français et Citoyens du même empire, nous renonçons à tous nos privilèges locaux et
particuliers.
Nous déclarons qu'heureux et fiers d'être libres, nous ne souffrirons jamais que l'on attente à nos Droits d'Hommes et de Citoyens, et que nous opposerons aux ennemis
de la Chose Publique, toute l'énergie qu'inspirent le sentiment d'une longue oppression et la confiance d'une grande force. "
21 février 1790
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Au moment où les Le Driant , les Rohan, les Bouygues et les Sarkozy font cause commune pour tenter d'habituer l'opinion à un retour aux provinces qu'anticipe le rapport
Balladur, l'association, qui s'appuie sur l'aspiration à l'application des Droits de l'Homme et du Citoyen célébrera à juste titre cet anniversaire et une délégation
angevine sera bien sûr présente.
Un des moteurs de cette fédération furent à Angers les frères Delaunay, tous deux juristes. Nantis d'une importante popularité du fait de leur lutte, contre la réaction
nobiliaire, qui faisait rage sous Louis XVI et dont témoigne, en Picardie les écrits qui devaient mener Gracchus Babeuf à se poser le problème du communisme.
Le travail de Babeuf, comme "feudiste" et "commissaire à terrier" est de rechercher les droits féodaux quasi-éteints mais attestés par la coutume pour que les seigneurs puissent
les remettre en vigueur contre les paysans.
En Anjou le même mouvement réactionnaire qui précède les révolutions existe. Les années qui précèdent la Révolution sont un "petit âge glaciaire" et les paysans n'arrivent
ni à se nourrir, ni à se chauffer. Un paysan de Saint Georges sur Loire récolte du bois sur sa tenure, en étêtant des chênes qui bordent une allée ; le Comte
de Serrant , seigneur grand justicier, qui n'exerçait plus ces droits depuis des décennies , le fait condamner par la justice de bailliage. Le frère de Delaunay ,dit Delaunay le
jeune, l 'aide à faire appel devant la justice royale... et gagne. Cela vaudra aux deux frères une carrière de députés;
C'est donc logiquement que Joseph Delaunay se retrouve à Pontivy pour l'abrogation des privilèges provinciaux puis fait partie de la délégation qui se rendra à Paris pour
réclamer et obtenir la suppression de la gabelle.
Dans l'Anjou Laïque (encore) de juillet 2009 on lit pourtant, sous la plume de J-P Brachet -qui titre "Un politicien affairiste : Joseph Delaunay"- à propos de Pontivy " Le
pacte conclu, Delaunay est reçu à Paris par l'Assemblée constituante puis par Louis XVI auquel il assure avec flamme la reconnaissance des français qui savent "combien vous les aimez et
combien vous méritez qu'ils vous aiment"
En adoptant à l'égard du roi Bien Aimé(oui, plus que Louis XV), le style fleuri qui régnera un peu partout jusqu'à Varennes, Delaunay se préparait-il à devenir le
politicien affairiste qui sera guillotiné pour sa corruption dans l'affaire de la liquidation de la Compagnie des Indes ? A ce compte là on pourrait enquêter pour savoir si la montre de
première communion de Julien Dray (on offre des montres pour la Bar-Mitsva ?) n'était pas un peu grosse pour son âge...
Ce qui est plus curieux c'est que cet article qui ne revendique comme source que le très réactionnaire "Anjou historique" de 1935 ne dit pas un mot du Monument de
Pontivy, ni bien sûr de sa signification.
La Révolution de 1789 continue à avoir dans l'Anjou Laïque un curieux traitement.
Par Michel GODICHEAU
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