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Publié par Michel GODICHEAU

Prenons une autre citation  d'Alain Besson pour en apprendre  davantage :


« Je partage le sentiment de Pierre Rosanvallon lorsqu’il écrit que « si le système électoral majoritaire conduit à multiplier les « oubliés » de la représentation, on peut y remédier... » Notre démocratie doit évoluer vers d’autres formes de répartition des richesses, sous l’effet des luttes politiques et syndicales notamment de leur interaction avec la légalité républicaine. »

 

A la bonne heure ! Pierre Rosanvallon, ancien permanent CFDT et actuellement directeur de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), ne peut pourtant guère être défini comme un « gradualiste jauressien » (comme s’autoqualifie Alain Besson). Créateur de la Fondation Saint-Simon (think tank de ploutocrates) avec François Furet, il est, comme ce dernier, un adversaire  de la Révolution Française  dont  Jean Jaurès a si magnifiquement retracé le mouvement. Partisan depuis toujours d’Emmanuel Mounier et du corporatisme social, il a fondé depuis,  avec le concours financier  des PDG philanthropes  d’Altadis  (tabacs – racheté depuis par Imperial Tobacco), EDF, Lafarge (cimenteries – les actionnaires de référence en sont le banquier milliardaire Albert Frère et le milliardaire égyptien Nassef Sawiris), les AGF (groupe Allianz !!!) , Air France..., le club « La République des Idées ». Quelles idées ? Bah, elles ne sont pas si éloignées de  celles avancées par Alain Besson : la lutte des classes est incontournable, mais une société sans classe est un « rêve totalitaire » (ben, oui, ces braves gens  de la République des Idées  considèrent comme totalitaire la perspective de leur élimination de la scène sociale, quoi de plus naturel ?) , donc autant garder la classe dominante actuelle (eux !)  et mettre en place un système un peu élaboré . D’un côté le  système électoral majoritaire (et si ça ne marche pas on  recommence (Irlande) ou on fait un coup d’Etat (Chili, Honduras...), de l’autre l’intégration des « corps intermédiaires » (partis politiques et syndicats), dans la gestion directe des  crispations des « oubliés de la représentation ». Ségolène Royal  en avait rêvé, Sarkozy est en train de le faire, avec Bernard Thibault et Chérèque (flanqués de l’improbable Aschieri) à qui il a offert, en collaboration avec le MEDEF, la loi d’août 2008, visant à faire des syndicats  précités des rouages  des  « réformes » et à faire disparaître les autres. C’est là , en effet , une « interaction », tout à fait intéressante. Mais la Commune n’est pas morte  et  Thibault  et Rosanvallon  ont sans doute oublié  cette autre citation : ce qu’ils proposent « n’est autre chose que le régime absolu, qui est naturel au Capital et que les ouvriers ne peuvent évidemment pas employer contre eux-mêmes ». C’était à propos de Bernstein et des coopératives et c’est de Rosa Luxembourg (Réforme sociale ou révolution – Editions Spartacus page 75) .

  

 

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