Partager l'article ! A propos d'un arrêt de la Cour d'Appel d'Angers.: Il y a bien sûr plusieurs degrés de lecture de l’arrêt ...
Il y a bien sûr plusieurs degrés de lecture de l’arrêt de la Cour d’Appel d’Angers sur cette petite fille rendue à ses grands-parents biologiques alors que sa mère avait accouché sous X. Je retiendrai, dans l’attente du texte complet, la référence à la « Convention Internationales des Droits de l’Enfant » pour fonder cette décision : « L’enfant a le droit de connaître ses parents et d’être élevé par eux » . « L’au nom de quoi ? » de cette décision s’éclaire : il s’agit bien de reconnaître qu’une métaphysique supérieure s’oppose à ce que les montages juridiques imaginés par les hommes pour organiser une société (et qui restent toujours discutables) s’inclinent devant une parentalité définie exclusivement par les gamètes. Les gamètes de la mère, en l’occurrence. La mère est anéantie nous dit-on, mais ce n’est pas une métaphore, bien au contraire les juges angevins ont tué la métaphore sociale inventée, elle aussi « dans l’intérêt de l’enfant », mais cette fois par la l’imposition d’une « métaphysique supérieure » à la souveraineté populaire. La production de la normativité juridique de cette décision est profondément religieuse. Il s’agit, en effet de substituer à la question de la Sphynge « mangeuse de chair crue » (Eschyle), les certitudes des religions monothéistes et de les sanctionner par le droit. Il n’est pas innocent du tout que l’arrêt ait été prononcé en plein débat sur la révision de la loi dite de bioéthique de 2004. Les mêmes forces qui soutiennent cette décision combattent au nom des mêmes principes l’anonymat des dons de sperme et d’ovocytes Ce sont ces questions dont nous débattrons le 5 mars à 14h, à la salle de la patinoire , Parc du Haras, à Angers, avec le professeur Pierre Jouannet.
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Le lobbiyng clérical, fonctionne à marche forcée.
Synthétiquement, comme le dit un extrait d'un très bon communiqué récent "il faut naître vivre et mourir selon les volontés des Eglises".
Ce n'est pas nouveau ; ainsi, dans un domaine similaire, une loi de 1994, a modifié les règles relatives à l'adoption, empêchant désormais l'adoption plénière, dès lors [Delors = private joke] que la filiation est connue.
Ainsi les "droits" des grands-parents sont supérieurs à ceux des géniteurs et des enfants : certains se diront, c'est pas grave, l'adoption simple persiste, sa procédure est accélérée et le changement de patronyme facilité !
Or, le fait d'empêcher l'adoption plénière --qui rompt toute filiation-- empêche aussi les enfants de se dégager des obligations à l'égard de géniteurs-génitrices, qui eux, ne remplissent pas leurs obligations, ne serait-ce qu'alimentaire.
Et c'est là que l'on voit le piège, d'autant plus grand, que la destruction des la Sécu avance et que la part, à la charge des malades, croît : les dettes hospitalières, etc, sont comme les dettes alimentaires ; c'est donc, quasi impossible d'y échapper.
Donc prenons l'exemple, d'un enfant, ou de deux, (on peut les appeler Nicolas et Maud) dont le géniteur n'a jamais accompli ses obligations -pas de pension alimentaire versée malgré des condamnations, etc, et qui même aurait signé un accord pour un adoption simple. Ces (ses) gamètes devenus de jeunes citoyens, pourraient avoir à payer les dettes alimentaires-hospitalières, que ce géniteur laisserait à son décès.
Le clou sur la croix (ça remplace la cerise sur le gâteau) c'est que le jugement a été pris à Angers, bastion clérical, s'il en est.
Ni dieu ! ni maître ! A bas toutes les calottes !
Défense et restauration de la loi de 1905 !
Mon cher Louis-Patrocle,
il existait jadis à Angers un "Cartel d'action morale" qui réunissait hommes de robe et hommes d'épée : je ne suis pas sûr que cela ait totalement disparu.
bien à toi. MG