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Publié par Michel GODICHEAU

 

 

Il y a bien sûr plusieurs degrés de lecture de l’arrêt de la Cour d’Appel d’Angers sur cette petite fille rendue à ses grands-parents biologiques alors que sa mère avait accouché sous X.  Je retiendrai, dans l’attente du texte complet, la référence à la « Convention Internationales des Droits de l’Enfant » pour fonder cette décision : «  L’enfant a le droit de connaître ses parents  et d’être élevé par eux » . « L’au nom de quoi ? »  de cette décision  s’éclaire : il s’agit bien de reconnaître qu’une métaphysique supérieure s’oppose  à ce que les montages juridiques imaginés par les hommes  pour  organiser une société (et qui restent toujours discutables) s’inclinent  devant  une parentalité définie  exclusivement par les gamètes. Les gamètes de la mère, en l’occurrence. La mère est anéantie nous dit-on, mais ce n’est pas une métaphore, bien au contraire les juges angevins ont tué la métaphore sociale  inventée, elle aussi  « dans l’intérêt de l’enfant », mais cette fois par la l’imposition  d’une « métaphysique supérieure »  à la souveraineté populaire. La production de la normativité juridique  de cette décision  est profondément religieuse. Il s’agit, en  effet  de substituer à la question de la Sphynge  « mangeuse de chair crue » (Eschyle), les certitudes des religions monothéistes et de les sanctionner par le droit. Il n’est pas innocent du tout que l’arrêt ait été  prononcé en plein débat sur la révision de la loi dite de bioéthique de 2004. Les mêmes forces qui soutiennent cette décision combattent au nom des mêmes principes l’anonymat des dons de  sperme et d’ovocytes Ce sont  ces questions dont nous débattrons le 5 mars  à 14h, à la salle de la patinoire , Parc du Haras, à Angers, avec le professeur  Pierre Jouannet.

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Louis Patrocle 27/01/2011 10:46


Mon cher Michel,

Le lobbiyng clérical, fonctionne à marche forcée.

Synthétiquement, comme le dit un extrait d'un très bon communiqué récent "il faut naître vivre et mourir selon les volontés des Eglises".

Ce n'est pas nouveau ; ainsi, dans un domaine similaire, une loi de 1994, a modifié les règles relatives à l'adoption, empêchant désormais l'adoption plénière, dès lors [Delors = private joke] que
la filiation est connue.
Ainsi les "droits" des grands-parents sont supérieurs à ceux des géniteurs et des enfants : certains se diront, c'est pas grave, l'adoption simple persiste, sa procédure est accélérée et le
changement de patronyme facilité !
Or, le fait d'empêcher l'adoption plénière --qui rompt toute filiation-- empêche aussi les enfants de se dégager des obligations à l'égard de géniteurs-génitrices, qui eux, ne remplissent pas leurs
obligations, ne serait-ce qu'alimentaire.
Et c'est là que l'on voit le piège, d'autant plus grand, que la destruction des la Sécu avance et que la part, à la charge des malades, croît : les dettes hospitalières, etc, sont comme les dettes
alimentaires ; c'est donc, quasi impossible d'y échapper.
Donc prenons l'exemple, d'un enfant, ou de deux, (on peut les appeler Nicolas et Maud) dont le géniteur n'a jamais accompli ses obligations -pas de pension alimentaire versée malgré des
condamnations, etc, et qui même aurait signé un accord pour un adoption simple. Ces (ses) gamètes devenus de jeunes citoyens, pourraient avoir à payer les dettes alimentaires-hospitalières, que ce
géniteur laisserait à son décès.

Le clou sur la croix (ça remplace la cerise sur le gâteau) c'est que le jugement a été pris à Angers, bastion clérical, s'il en est.

Ni dieu ! ni maître ! A bas toutes les calottes !
Défense et restauration de la loi de 1905 !


Michel GODICHEAU 27/01/2011 12:23



Mon cher Louis-Patrocle,


 


il existait jadis à Angers un "Cartel d'action morale" qui réunissait  hommes de robe et hommes d'épée : je ne suis pas sûr que cela ait totalement disparu.


 


bien à toi. MG