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Publié par Michel GODICHEAU


Ainsi donc la monumentale église de Gesté  est partiellement déconstruite à l'issue d'une bataille juridique que les libres penseurs ont suivie, mais dont ils ne se sont pas mêlés. Cette affaire est tout de même symptomatique à plus d'un titre.
 Gesté, qui n'est pas tout à fait un village (2626 habitants)  n'a une école publique que depuis 2005, et cela a nécessité une bataille de plusieurs années à laquelle les libres penseurs ont participé. La mairie est située "Place monseigneur Dupont" ; la commune, limitrophe de la Loire-Atlantique,  est située au coeur de la "Vendée militaire" , elle a perdu plus du quart de ses habitants pendant les guerres de Vendée et, même si l'influence sécularisante  de la proximité nantaise s'y fait aujourd'hui sentir, le catholicisme  et les fantômes d'hier y règnent toujours. Il y a cependant plusieurs demeures dans la maison du seigneur et le député de la circonscription n'est plus Hervé de Charette, mais Serge Bardy  un divers gauche exclu du PS qui à Gesté même a fait plus de 45%.
Alors , pourquoi cette bataille fratricide  ? C'est au fond la même question que celle qui reste posée avec Gilles Bourdouleix député-maire de Cholet : avec  le retour  du catholicisme  français sur la scène politique, les vieilles batailles reprennent. D'un côté des élus  bien souvent issus de l'action catholique ou  de la CFDT (comme Serge Bardy) , de l'autre les héritiers de l'Action française qui considèrent comme un abandon  le  sort fait à ces édifices néo-gothiques érigés en  expiation des "crimes de la Révolution" et, en l'occurrence, avec l'aide de la Duchesse de Berry, quatre ans avant son ultime tentative d'insurrection monarchiste. Ceux-là n'ont pas tout à fait tort de considérer que les journaux du groupe Ouest-France sont leurs premiers adversaires.  Encore ne faut-il pas exagérer cette opposition : dans les congrès monarchistes de la fin du XIXe siècle, les deux courants cohabitaient ; c'est encore le cas aujourd'hui dans une association qui centralise ce lobbying : Pierre Nora, un des mentors de la CFDT cohabite, sous la présidence de Bernadette Chirac , avec une brochette d'aristos (dont le repris de justesse Donnedieu de Vabres qui préserve aussi le patrimoine militaire) et Paul Poupard, cardinal et "ministre de la culture" du Vatican.
Et la loi de 1905 ? Elle n'avait certes pas prévu cette éventualité et le Conseil d'Etat a interprété la loi de la façon suivante : dès lors qu'une partie de l'édifice est conservée, fût-ce la crypte, on considère qu'il y a continuité et les travaux entrepris  par la municipalité sont validés. C'est certes un encouragement à aller plus loin encore, ce qu'a d'ailleurs fait  à Angers la municipalité  (de gauche !) Monnier avec l'église du Lac de Maine  construite sur les deniers publics il y a une trentaine d'années.
Dans  une cette affaire, que faut-il proposer ? D'abord, il  paraît important de regarder une des raisons de la colère des nostalgiques : les édifices ou parties d'édifice reconstruits ou rénovés sont de petite dimension et  largement suffisants pour recevoir les fidèles, mais ils témoignent rrémédiablement d'un déclin (pendant les travaux, la sécularisation continue). Ensuite  préserver l'école laïque de tout projet éducatif territorial établi par ces gens-là (réforme Peillon). Enfin, sans doute, adapter les conditions de désaffectation des édifices prévues par la loi de 1905 aux conditions actuelles.  
 L'objectif des braves gens de "L'Observatoire du Patrimoine Religieux" est évidemment culturel (ben voyons !), mais surtout  l'espoir est de  parvenir à ce que  la construction des Eglises puisse être financée sur fonds publics sans que celle des mosquées le soit. Une expérience est en cours  en Italie avec le Duomo de Milan, sponsorisé par Citroën, forme originale de partenariat public-privé...  mais avec les qataris dans les parages il faut se méfier ( les cloches  qui remplacent la sirène au Stade Français ne sont pas si anodines).

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