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Publié par Michel GODICHEAU


La Cour administrative d’appel  de Bordeaux a rendu son arrêt sur la  question du financement public des « ostensions limousines ». Rappelons qu’il s’agit  d’une promenade rituelle  et septennale  des reliques supposées  de Saint Martial, qui, au Moyen-Âge , aurait, après mûre réflexion, protégé  les populations (du moins celles qui avaient survécu  à son temps de réflexion) du « mal des ardents » (en réalité provoqué par les alcaloïdes  produits par l’ergot du seigle (le champignon Claviceps purpurea).  Ces manifestations  sont organisées par les confréries et d’autres associations, avec le concours de certaines communes et supervisées par l’archevêque  catholique de Bordeaux. Le droit de faire des processions et d’organiser un petit commerce autour n’est pas contesté. Mais depuis  une paire de septennats  certaines collectivités territoriales  avaient commencé  à subventionner  ces  activités au nom du  fameux « patrimoine ». Tel était le cas de la région limousine, déjà condamnée en première instance à l’initiative de libres penseurs (voir billets précédents). Cette procédure a donné  lieu  à des initiatives  contre la loi de 1905 qui, pour rocambolesques qu’elles puissent apparaître, indiquent assez  bien  les effets à long terme  des alcaloïdes produits sur la laïcité de certains socialistes par l’ergot d’Epinay (Claviceps versicolor). Voici donc un extrait de l’arrêt :


  « Considérant qu’il ressort des pièces du dossier (...) que ces ostensions consistent en la présentation solennelle par le clergé de reliques de saints originaires ou ayant vécu en Limousin, avec vénération de ces reliques par les fidèles et qu’elles se font au cours de cérémonies religieuses chrétiennes telles que processions et eucharistie ; qu’elles constituent donc l’exercice d’un culte. »


La requête de la région  a été rejetée. La loi de 1905 a été défendue et la liberté de conscience avec elle.

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