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Publié par Michel GODICHEAU

Partir et trouver étranges les pratiques françaises. J’ai eu mon premier test Covid. En Grèce et pas « sur la base du volontariat ». Muni de mon QR code j’ai fait la queue comme tout le monde à l’aéroport et ai été confiné 24h00 à ma résidence déclarée. Policières, pompiers, personnels de la Sécurité Civile : fermes et courtois. N’avoir pas de QR Code coûte 500€, avoir fait les démarches trop tard 300€. Quatre postes de prélèvement pour un avion, avec un échantillon d’environ 50 %, ça va assez vite, mais on sent le personnel en tenue de protection épuisé sous la chaleur : Επομενος , au suivant...Je n’ai pas eu d’appel : test négatif. Le gouvernement français, deux semaines plus tard, se vante de pouvoir faire 3000 tests par jour à Roissy-CDG. Les Grecs n’ont rien déclaré mais le font déjà tous les jours. Ici les gestes barrières sont les mêmes, plus ou moins respectés, s’y ajoute une recommandation : éviter les ascenseurs. Le jour où je suis passé, il y a eu 38 tests positifs sur toute la Grèce ; le seuil d’alerte est à 50. Serbes et Macédoniens du Nord ne peuvent pratiquement plus passer en voiture, et sont testés à 100 % en avion (depuis quelques jours la mesure s’étend aux touristes bulgares et roumains) . On redoutait les Britanniques dont Rhodes est une des destinations favorites : finalement zéro test positif sur les premiers vols.

Le tourisme (20 % du PIB) se meurt, mon voisin cuisinier n’a pas eu de travail depuis Noël ; il devrait être dans les îles. Là il ne peut ni payer ses charges locatives, ni mettre de l’essence dans sa voiture. Il survit.

La Grèce a un peu plus de 200 morts du Covid en cette fin juillet, soit un des taux les plus faibles par million d’habitants. Les mesures viennent pourtant d’être renforcées. Ceci malgré la pauvreté (en ville, les poubelles sont un bien convoité), et les centaines de milliers de réfugiés bloqués là par la politique de l’Union Européenne.

Pendant ce temps en Mayenne (département objet de plaisanteries chez les ignares d’Ile-de-France), on a un gros rebond de l’épidémie. Les chiffres que publie l’Agence Régionale de Santé (ARS Pays de Loire), mesurent toujours essentiellement la capacité de réaction du système. C’est supposé permettre de gérer, sûrement pas de comprendre.

On comprend mieux en une seule image d’Ouest-France où l’on voit le Préfet de la Mayenne, un homme âgé, devant cette tente de prélèvement (sur la base du volontariat!). Peut-être cet homme a t-il subi des plaisanteries sur les Deschiens en passant de Wallis et Futuna à Laval ?

C’est d’ailleurs bizarre que là, on garde le cadre du département. Pourtant, ce sont les ministres successifs de la Vème République qui ont commencé à rendre caduques les structures départementales, pour supprimer des lits tant à Château-Gontier (Mayenne), qu’à Segré (Maine-et-Loire) et c’est même la loi Bachelot qui en a formalisé le concept. Ah les « territoires » !

Et c’est la classe ouvrière qui déguste après la fermeture des mines (oui, ce bassin d’emploi était jusqu’en 1985 à la fois rural et industriel), on a l’ouverture des clusters des abattoirs et des EHPAD. Le 15 juillet, j’ai entendu à une terrasse d’insupportables groupies macronistes parisiennes qui ne savaient pas où était la Mayenne, mais trouvaient qu’Apparu était beau. Jusqu’à présent seul mon notaire m’avait parlé d’Apparu . En revanche j’ai, en Mayenne et à proximité, d’excellents camarades et des liens familiaux. Et je sais qu’il y a toutes les chances pour que la sœur du tueur de l’abattoir soit aide-soignante à l’EHPAD et que la femme du collecteur de la laiterie soit ATSEM dans une école. Et tous travaillent dans des milieux humides et aérosolisés, du fait de leur profession ou de leurs fonctions, et beaucoup ont des difficultés à trouver un médecin traitant, malgré (ou à cause de) la création par la loi Bachelot de la CHHA (Communauté Hospitalière du Haut-Anjou!).

A Thessalonique, on ne sait pas non plus où est la Mayenne, ni si Apparu a un rapport avec Lourdes et Fatima, mais du moins, si j’ai des symptômes, pas un bureaucrate ne songera à interdire à un médecin de me prescrire du Plaquénil et de l’azythromycine , d’ailleurs pour les trucs de Gilead, on n’a pas les moyens. Mais du moins on teste, on isole et on soigne. C’est le pays d’Hippocrate et d’Asclepios, après tout. Le sang de la Gorgone est toujours là d’où surgissent le poison et le médicament.

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